mardi 3 novembre 2026

3 novembre 2026 : Toussaint, jour des morts

Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite: La mort a été engloutie dans la victoire. O mort, où est ta victoire ?

(Nouveau Testament,  Épître de Paul aux Corinthiens, 15, 54-55) 

 

                    Il est fréquent de penser à nos morts le 1er novembre, jour de la Toussaint. Pour ma part, je pense à eux et elles toute l'année, et je fréquente assez souvent les cimetières, pas forcément ceux où mes morts ont leur dernière demeure. Comme écrivait Prévert, "Le père et la mère vont au cimetière / Ils trouvent ça naturel le père et la mère / La vie continue". Il y a eu même une période, ma période amiénoise, où on allait souvent au cimetière, Claire et moi, car le cimetière d'Amiens constituait une belle promenade, et l'on se recueillait volontiers devant la tombe de Jules Verne.


Tombeau de Jules Verne (Amiens)  

                    En tout cas, cette année, sans pousser jusqu'à m'incliner sur sa tombe (qui est la tombe communes des "généreux donateurs" (les personnes qui ont donné leur corps à la science, ce qui fut le cas de Claire) au Cimetière de la Pierre levée à Poitiers, j'ai écrit un texte à sa mémoire dans la journée du 30 octobre. Je vous le livre ici :

 Tombeau pour Claire

            Je pense toujours à toi, Claire, perdue dans la brume du temps, toi qui es venue percer ma carapace, enchanter mon âge adulte, ébranler l'ombre de moi-même, étoile illuminant ma solitude.

            Tu as as accepté mes énigmes, mes bizarreries, mes orages et mes silences. Tu m'as fait découvrir la boussole de l'amour, moi qui étais si peu aimable, moi qui ne l'avais pas encore trouvée et m'en croyais incapable. Tu m'as accompagné dans les labyrinthe de notre vie commune, tu m'as rendu aimable, amical, sociable, meilleur. Tu m'as donné des enfants qui ont fait ma joie.

            En retour, je t'ai escortée dans ton crépuscule, dans les murmures stridents de la maladie, dans le naufrage de ta dernière année. Tu m'as rendu apte à devenir un baume pour lubrifier ces moments difficiles, un parfum pour oublier la douleur et la dureté de la vie, un trésor, peut-être, à tes yeux.

            Tu restes dans mes pensées comme un écho des méandres du temps, un chuchotement secret quand je rêve, un exemple à suivre au fil des jours qui me restent, une racine qui m'a implanté mille ramifications pour continuer à vivre, une perspective pour trouver un sentier où nos âmes se réuniront un jour.

             

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