mardi 1 septembre 2026

1er septembre 2026 : Le 31 du mois d'août; chanson du mois

Ulysse […] n’est guère obsédé par cette ritournelle du XXIème siècle : « Le monde change ! Il faut l’accepter ! » Dans la pensée antique, on ne s’inflige pas ce pensum formulé par Hannah Arendt : « la dégradation obligatoire d’être de son temps ».

(Sylvain Tesson, Un été avec Homère, Éd. Des Équateurs, 2018)

 

 

                        Je me souviens que ma grand-mère maternelle chantait très biens ; quand elle nous emmenait cueillir les mûres en 1952 et 1953, elle nous chantait une chanson de marins célèbre, qui datait du temps du corsaire français Surcouf : Le 31 du mois d'août que nous apprécions vivement, mon frère aîné Michel et moi. Pour entamer le mois de septembre, ce sera donc la chanson du mois, en hommage à cette divine grand-mère qui nous a tant appris de la vie.

 

  

             Et bien sûr, ça me rappelle aussi aujourd'hui mes longs voyages en mer, particulièrement ceux de 2013 et 2015 sur des cargos. même si j'ai échappé aux pirates (on nous faisait visiter la salle où on devait se réfugier en cas d'attaque) et à la guerre...

 

Le trente et un du mois d'août
Nous vîmes venir sous l'vent vers nous,
Le trente et un du mois d'août
Nous vîmes venir sous l'vent vers nous,
Une frégate d'Angleterre
Qui fendait l'air et puis les eaux,
Voguant pour aller à Bordeaux 

{Refrain:}
Buvons un coup, buvons-en deux
A la santé des amoureux,
Buvons un coup, buvons-en deux
A la santé des amoureux,
A la santé du Roi de France
Et merde pour le Roi d'Angleterre,
Qui nous a déclaré la guerre !

Le capitaine, un grand forban,
Fait appeler son lieutenant
Le capitaine, un grand forban,
Fait appeler son lieutenant :
"Lieutenant, te sens-tu capable,
Dis-moi, te sens-tu z'assez fort
Pour prendre l'Anglais à son bord ? 
{au Refrain} 
Le lieutenant fier z'et hardi
Lui répond : Capitaine, z'oui
Le lieutenant fier z'et hardi
Lui répond : Capitaine, z'oui
Faites branl'bas à l'équipage
Je vas z'hisser not'pavillon
Qui rest'ra haut, nous le jurons.

{au Refrain}

Le maître donne un coup d'sifflet
Pour faire monter les deux bordées
Le maître donne un coup d'sifflet
Pour faire monter les deux bordées
Tout est paré pour l'abordage
Hardis gabiers, fiers matelots
Braves canonniers, mousses, petiots.

{au Refrain}

Vire lof pour lof en bourlinguant,
Je l'abordions par son avant
Vire lof pour lof en bourlinguant,
Je l'abordions par son avant
A coup de haches d'abordage
De pique, de sabre, de mousquetons,
En trois cinq sec, je l'arrimions

{au Refrain}

Que dira-t-on du grand rafiot,
En Angleterre et à Bordeaux,
Que dira-t-on du grand rafiot,
En Angleterre et à Bordeaux,
Qu'a laissé prendre son équipage
Par un corsaire de six canons
Lui qu'en avait trente et si bons ?

{au Refrain}

 

 

Pour l'écouter, deux versions aux paroles légèrement différentes :

https://www.youtube.com/watch?v=N0g0mfS3j6s 

https://www.youtube.com/watch?v= et Igvsl0HbUZA 

dimanche 30 août 2026

30 août 2026 : bilan de l'été

C’était une de ces journées où on se demande ce qu’on fait là. On se réveille, on se lève, et voilà. On ne sait pas d’où on vient et où on va.

(Arthur Upfield, L’homme des deux tribus, trad. Michèle Valencia,10/18,1991)

 

 

                    L'été s'achève ou du moins le mois d'août, traditionnellement consacré aux vacances, et cette année comme les autres, aux travaux urbains et à la faible prégnance en ville de la circulation automobile, aubaine pour les cyclistes âgés comme moi. A condition d'éviter les chantiers, on arrivait à circuler sans problèmes, c'était presque trop beau de braver la canicule et de se mordorer bras et jambes. Je n'ai pas utilisé une seule fois de crème solaire et, pour l'instant, je ne m'en porte que mieux. J'ai gardé mes socquettes et ma casquette tout l'été, en déplacement (Normandie, Hérault, Poitiers) comme à Bordeaux. 

                    J'ai lu de bons livres : classiques (Anatole France, Mikhaïl Boulgakov, Salluste, Sénèque, Bashō, Thoreau) et contemporains (Fabrice Caro, Eric Vuillard,, Amélie Nothomb), et la lecture reste toujours pour moi un ressourcement et un enrichissement formidables. Pourvu que mes yeux ne me lâchent pas ! De  même j'ai profité de la canicule pour aller passer pas mal d'après-midis au cinéma et vu ou revu de bons films ; deux films de Jacques Tati, des films d'animation (Jim Queen, In waves, Le corset), le formidable film espagnol L'être aimé, le très beau film indien La dernière séance, plusieurs films japonais, tous excellents, et même un blockbuster d'après Homère... Bref pas eu le temps de m'ennuyer ni de m'échauffer trop. J'ai jamais autant pédalé que cet été, du moins à Bordeaux, comme quoi la canicule aussi a du bon, ne serait-ce que faire un peu d'exercice, et on a moins chaud à vélo qu'à pied !

 

                       J'ai un peu vagabondé : à Poitiers pour un très bon stage d'écriture, en Normandie pour une belle cousinade chez ma belle-famille, et dans l’Hérault où j'ai revu mon ami de Bédarieux et ma sœur, son mari et leur chien à Lamalou-les-Bains. Dans cette même localité, j'ai assisté à une représentation d'opérette, La veuve joyeuse, qui m'a un peu déçu. J'y suis allé en souvenir de ma grand-mère qui m'en avait beaucoup parlé, étant abonnée au Grand-Théâtre de Bordeaux entre les deux guerres. Seule la partie parlée de cette comédie "musicale" m'a plu, le chant était par trop démodé. Je ne suis pas étonné qu'une seule des chansons de cette opérette soit restée relativement célèbre : le duo Heure exquise qui nous grise...

                        Et j'ai continué mon bénévolat associatif, et en particulier mes lectures en Ehpad : mon cercle d'auditeurs.trices nonagénaires a eu droit cette fois à des extraits des Misérables de Victor Hugo, la rencontre du forçat Jean Valjean avec l'évêque de Digne, le rencontre de Jean Valjean avec Cosette envoyée par les Thénardier chercher nuitamment chercher de l'eau à la source, et la mort de Gavroche sur les barricades. Ce dernier épisode que je craignais de lire, puisque ça traite de la mort (sujet qui est un peu tabou à leur âge), les a beaucoup ému.e.s Sans doute la dernière phrase ("Cette petite grande âme venait de s'envoler") les a touché.e.s. Je vais continuer avec des lectures plus modernes ; je me suis pourtant aperçu que la prose de Victor Hugo est d'une beauté incomparable en lecture à haute voix. Mais je suis toujours étonné de les voir m'attendre avec impatience, et de voir leurs sourires, quand ils/elles ne s'endorment pas en cours de lecture. 

 

samedi 29 août 2026

29 août 2026 : des médecins français dénoncent l'inacceptable

 

Je pense depuis longtemps déjà que si un jour les méthodes de destruction de plus en plus efficaces finissent par rayer notre espèce de la planète, ce ne sera pas la cruauté qui sera la cause de notre extinction, et moins encore, bien entendu, l’indignation qu’éveille la cruauté, ni même les représailles de la vengeance qu’elle s’attire… mais la docilité, l’absence de responsabilité de l’homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret public. 

(Georges Bernanos, Journal d’un curé de campagne, Flammarion, 2019)

 

                        Je n'ai plus envie d'être  éternellement docile, ni d'accepter avec servilité toutes les horreurs du notre temps, témoin ces médecins qui témoignent d'un des innombrables drames humains de Gaza. Veuillez, s'il vous plaît, si vous savez encore écouter, et ne pas vous contenter des sornettes des médias de Bolloré et de la presse en général, entendre ce témoignage de médecins français :

 

https://video.europalestine.com/w/7v9JBUd3grc8c4j6tVvfew?start=7s

 

                    Et battons-nous contre un état (le nôtre, hélas) qui condamne trop souvent les militants contre l'insoutenable sous l'accusation indécente d'apologie du terrorisme ! 

Free Palestine !