En attendant, à vous autres, mes amis de l'ici-bas, face à ce qui m'arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu'un histrion, qu'un batteur de planches, qu'un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd'hui : Je pense de toutes mes forces qu'il faut s'aimer à tort et à travers.
Julos - nuit du 2 au 3 février 1975 - Ecrit après l’assassinat de sa femme par leur jardinier. (Texte dit par Claude Nougaro dans son album "Femmes et famines")
Après le poème, la chanson du mois, en espérant que je ne l'ai pas encore postée. Il se trouve que je suis allé voir et écouter diamanche aprèm le spectacle poétique Ballotté par les flots au Petit théâtre des Chartrons de Bordeaux. Le concepteur et acteur Henri Bonnethon réussit la gageure de raconter une histoire entremêlé de poèmes (Rimbaud, Apollinaire,Cocteau, Prévert, Verlaine, Ronsard, Rutebeuf, Christine de Pisan, Baudelaire) et de chansons dont le texte est dit mais pas toujours chanté (Trénet, Montand, Brel, Ferré) : ce Tourbillon poétique, sous-titre du spectacle, est tour à tour nostalgique, marrant, mélancolique et tout à fait réussi dans tous ces registres.
Parmi les chansons choisies, figurait la chanson de Brel qui suit. Je me rappelle encore le Noël 1970, où j'avais intégré cette chanson dans notre spectacle familial ; je chantais Les bonbons et jouais avec une de mes jeunes sœurs dans le rôle de la femme aimée par le narrateur. Ma grand-mère (âgée de 75 ans) avait tellement ri qu'il avait fallu l'emmener rapidement aux toilettes pour aller faire pipi;
LES BONBONS
J’vous ai apporté des bonbons
Parce que les fleurs, c’est périssable
Puis les bonbons, c’est tellement bon
Bien qu’les fleurs soyent plus présentables
Surtout quand elles sont en boutons
Mais j’vous ai apporté des bonbons
J’espère qu’on pourra se promener
Que madame vot’mère ne dira rien
On ira voir passer les trains
À huit heures, moi, je vous ramènerai
Quel beau dimanche, allez, pour la saison
J’vous ai apporté des bonbons
Si vous saviez c’que je suis fier
De vous voir pendue à mon bras
Les gens me regardent de travers
Y en a même qui rient derrière moi
Le monde est plein de polissons
J’vous ai apporté des bonbons
Oh, oui, Germaine est moins bien qu’vous
Oh, oui, Germaine, elle est moins belle
C’est vrai qu’Germaine a des ch’veux roux
C’est vrai qu’Germaine elle est cruelle
Ça, vous avez mille fois raison
J’vous ai apporté des bonbons
Et nous voilà sur la grand’place
Sur le kiosque on joue Mozart
Mais dites-moi qu’c’est par hasard
Qu’il y a là votre ami Léon
Si vous voulez que je cède la place
J’avais apporté des bonbons
Pour l'écouter : https://www.youtube.com/watch?v=PgYGt2-p3gA



