mardi 21 juillet 2026

21 juillet 2026 : canicules

 

CHALEUR : Toujours insupportable. Ne pas boire quand il fait chaud. 

Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues, Mille et une nuits, 1994)

 

 

                    Je me souviens des étés caniculaires de ma jeunesse, de mes vacances à Gouze  (petit village des Basses-Pyrénées, aujourd'hui Pyrénées Atlantiques, plus aucun département ne voulant être qualifié de Bas, sauf le Bas Rhin) chez mon oncle, ma tante et mon cousin où il faisait toujours chaud. A Cauna, dans les Landes, chez nous, ma grand-mère maternelle disait souvent : "C'est du feu !" Plus tard, pendant mes années étudiantes, j'étais moniteur à la colonie de vacances de Bedous dans la vallée pyrénéenne d'Aspe, et heureusement qu'on avait des arbres et qu'on emmenait volontiers les enfants en forêt. Je ne me souviens guère des jours de pluie, ni à Gouze, ni à Cauna, ni à Bedous. 

                    Plus tard, jeune homme, je vécus  l'été de la sécheresse à Auch, en 1976, avec peut-être quinze jours de vacances à Cère, dans les Landes où mes parents avaient émigré. Là aussi, ce fut caniculaire, mais ça ne nous empêchait, mes petites sœurs et moi, d'organiser des virées et des jeux dans la forêt landaise limitrophe avec baignade dans la rivière Estrigon pour se rafraîchir. Et on buvait pas mal d'eau, ne suivant pas du tout l'idée reçue signalée par Flaubert.

                   On n'avait pas cette météo toujours prête à nous débiter les effets de chaud presque à la minute près, en continu comme sur nos smartphones actuels... On acceptait le temps qui venait sans en faire tout un plat. Je me souviens d'être allé discrètement dans la forêt proche, me déshabillant intégralement et faisant une petite sieste sous les fougères, où parfois un petit coulis de vent un peu frais (ou qui me semblait tel) me donnait la chair de poule. Je ne me plaignais pas de trop de la chaleur. Ce sont plutôt les quelques étés pourris, frais et pluvieux, qui me/nous paraissaient anormaux !

 

                    Aujourd'hui tout le monde se plaint de la canicule, des incendies dévastateurs, du manque d'eau pour les plantes et pour les animaux. Mais personne ne se plaint des nuisances des piscines individuelles de plus en plus nombreuses, alors que l'on manque d'eau. Personne ne se plaint de l'excès des climatiseurs en activité, alors que j'ai vu et senti en 2020 à Basse-Terre en Guadeloupe la nuisance extrême de ces outils. Quand je travaillais là-bas de 1981 à 1984, seules les institutions (Conseil général, Préfecture, Archives...) étaient équipées ; le midi, deux fois par semaine, j'allais à pied de la Bibliothèque où je travaillais jusqu'à la salle de musculation où j'allais me détendre, à l'autre bout de la ville, un bon quart d'heure de marche. Pendant mon récent séjour, j'ai voulu refaire le même trajet. J'ai pu  en sentir les effets en longeant les trottoirs le long de toutes les maisons et immeubles d'appartements, la plupart équipés et rejetant dans les rues un air surchauffé très nuisible. Plus personne ne pouvait circuler à pied bien longtemps, donc il y avait davantage de voitures et les effets de chaleur étaient multipliés.

                    Alors, non à la climatisation généralisée qui doit jouer un rôle non négligeable dans le réchauffement climatique. Soyons sobre, là comme ailleurs. Nous vivons une époque terrible. Mais la canicule affecte davantage que nous les Palestiniens martyrisés et bombardés. Ils n'ont pas de piscines, eux, pas ou presque d'électricité, même pas d'eau courante et potable en suffisance, ils sont affamés par les oppresseurs et ne peuvent pas s'échapper. Les Libanais de même, les Iraniens idem, et tant d'autres peuples victimes de la vindicte des puissants de ce monde. Nous avons aussi nos souffre-douleurs : les SDF qui meurent en silence, les handicapés psychiques et physiques, beaucoup de nos vieillards solitaires et abandonnés, les femmes et les enfants battus et violentés, les pauvres et les misérables de notre temps...

                    Si la canicule nous fait du mal, pensons à eux qui en souffrent bien davantage ! 


 

                     

 

lundi 20 juillet 2026

20 juillet 2026 : des trains d'aujourd'hui...

 

Nous en sommes maintenant au billet dématérialisé, aux automates dans les halle de gares remplaçant les guichetiers en voie de disparition. Beaucoup moins loquaces, fréquemment hors service, ces robots ont déshumanisé les gares.

(Jean-François Troin, Même pas vieux !, L’Harmattan, 2023)

 

                    Décidément, les trains me jouent de sales tours en ce moment ! 

                    Fin mai, je rentre  de ma rencontre de Ferney-Voltaire où j'ai retrouvé mes enfants et leurs familles, à l'occasion de l'anniversaire de ma petite fille Sasha, 4 ans. Le trajet entre Ferney et Lyon, en TER, se passe bien. A Lyon, je prends le bus jusqu'à Montpellier, où je passe la nuit. Le lendemain, de nouveau le bus jusqu'à Toulouse. Puis, l'après-midi, le TGV de Toulouse à Bordeaux. Arrêt à la gare de Langon, non prévu. Au bout d'un quart d'heure, annonce au haut-parleur : "Une borne incendie à éclaté près de la voie que nous empruntons, entraînant une coulée de boue sur les rails. Nous sommes bloqués ! Pour vous dégourdir les jambes, on va vous ouvrir les portes, car la réparation peut durer longtemps, et distribuer des bouteilles d'eau." Résultat, le TGV ne bouge pas pendant trois heures. Puis il poursuit sa route en empruntant l'autre voie, et met 1 h 20 pour faire le chemin, 45 km parcourus à l'allure des trains du XIXème siècle ! Un TGV devenu TPV (Train à Petite Vitesse) !!!


ce jour-là, j'ai retrouvé un train de l'ancien temps

                    Fin juin : ma fille me réclame à Londres. J'en profite pour faire un arrêt à Paris pour assister à L'Assemblée générale de mon association de soutien à la Palestine, puis un deuxième arrêt à Amines, pour rendre visite à mon amie Catherine. Le lendemain, j'emprunte le TER Amiens-Lille, d'où je rejoindrai l'Eurostar (le train passant sous la Manche) qui m'emportera jusqu'à Londres. Heureusement que j'avais prévu large. Mon TER est supprimé, je dois prendre le suivant. Résultat, une heure de retard à Lille. J'avais envisagé cette possibilité, j'avais deux heures de battement entre les deux trains. Et mon train international avait une demi-heure de retard !

                    La veille du retour de Londres, je reçois un SMS signalant que mon Eurostar de retour jusqu'à Lille est supprimé. Affolé, je me fais aider par Lucile et Pierryl, plus aptes que moi à user du smartphone. Les quatre autres Eurostars de la journée sont complets. Ils m'en dégotent un (et font l'échange) pour le lendemain, 6 h du matin, tous les autres affichant aussi complet ; je devrai prendre un taxi pour me rendre à la gare. Mais les enfants me font changer aussi les billets de retour Lille-Paris et Paris-Bordeaux. On trouve un Lille-Paris, mais tous les Paris-Bordeaux affichaient complet aussi. Donc obligation de passer une nuit à Paris, heureusement que j'ai des cousins complaisants, je leur téléphone illico, ils me disent pas de problèmes, merci à eux ! Mais pour le lendemain, tous les trains de la journée étaient complets également. Je dis à Pierryl de m'annuler le billet que j'avais pris avant de partir (la SNCF me le rembourse, incroyable), et je lui dis : "Prends-moi un Flixbus, je rentrerai en autocar". Aussitôt dit aussitôt fait, il y avait de la place dans le Paris-Lisbonne qui faisait escale à Bordeaux !


 mais où sont les trains de mon enfance ?

                    Résultat des courses : je suis rentré avec deux jours de retard. Mais mon séjour londonien a été prolongé d'une journée. J'en ai profité pour baguenauder au centre ville, le long de la Tamise, et revoir la National gallery, où j'ai vu les salles des impressionnistes, des peintres vénitiens et admirer Turner. Heureusement que j'ai eu Lucile et Pierryl pour m'aider à faire tous ces échanges de billets ! Je leur dois un grand merci.

et je pensais à Mathieu et à son petit train en bois
 

                    Revenu ici, j'en ai parlé à des voisins qui m'ont dit : "Qu'est-ce que tu t'emmerdes à aller là-bas comme ça ? Prends l'avion, c'est plus rapide, et tellement simple !" Oui, mais c'est compliqué, l'avion Bordeaux-Paris atterrit à  70 km de Londres, et puis, écologiquement, c'est pas idéal : dans ce cas, pourquoi ne pas aller aussi en avion à Paris ou à Lyon ??? Avec le train, j'arrive au centre de Londres, d'où un métro direct m'emmène chez ma fille. Et vu les ennuis que j'ai eus avec l'Eurostar, je me demande si une prochaine fois, je ne tenterai pas plutôt le ferry qui traverse la Manche, comme à l'époque de mes premiers voyages en Angleterre, au début des années 70 ! Voilà qui me rajeunirait !!!

 

dimanche 19 juillet 2026

19 juillet 2026 : Palestine (Gaza, Cisjordanie), Liban, Iran...

La destruction de Gaza a, bien sûr, duré deux ans – mais ce n’était pas une guerre, c’était un génocide, la liquidation du ghetto de Varsovie en version XXL.

(Alain Brossat, Lundi matin, 16 mars 2026)

 

                    Il ne se passe pas de jour où je ne brûle de parler des terrifiantes exactions israéliennes à Gaza (car elles continuent) et en Cisjordanie, sans parler du Liban. Si je m'écoutais, chaque jour je consacrerai une page de mon blog au martyre de ce peuple, qui se produit dans l'indifférence générale des puissants du monde entier. Car ce n'est pas les médias qui risquent de nous en informer : on ne signale des morts que quand c'est des morts israéliens ou américains. Encore aujourd'hui, deux Américains sont morts en Jordanie, suite à une frappe iranienne. Celle-ci ne faisait pourtant que répondre aux frappes américaines qui, elles, font des morts en quantité, y compris dans un bombardement d'hôpital il y a deux jours, tuant entre autres pas mal d'enfants malades. Ne comptez pas sur les grands "merdias" (journaux, télévision, internet) pour nous en parler !

 

                    Et pourtant, voici en une seule journée, celle d'hier, quelques phases de ce qui set passe par là-bas :

Assassins !

Destruction massive causée par un bombardement israélien visant un appartement dans le centre de la ville de Gaza, qui a tué 8 Palestiniens, dont 3 enfants. Depuis samedi matin matin, 10 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par les attaques israéliennes en cours. Et l’on compte au moins 17 blessés.

Israël ne s’arrête que lorsqu’on l’arrête…

Des colons et des soldats israéliens rasent des centaines d’acres de terres palestiniennes à l’ouest de Ramallah. Ces opérations de nivellement sont généralement suivies de la saisie de terres palestiniennes en vue d’établir des colonies israéliennes illégales et d’expulser les Palestiniens de leurs terres. Les milliers d’oliviers arrachés le sont dans le même but.

Un journaliste palestinien interdit d’entrer dans la mosquée al-Aqsa !

Israël vient d’interdire au journaliste Areen Zaanin, détenu palestinien libéré, d’entrer dans la mosquée Al-Aqsa pendant six mois ! Israël n’aime pas les journalistes. Combien de fois faudra-t-il vous le répéter ? 

Ils empoisonnent les puits des Palestiniens

Des colons israéliens ont commis un crime dans l’ouest de Ramallah ,en empoisonnant, à l’aide de substances mortelles, l’unique puits de l’agriculteur Saber Othman il s’agit là d’une tentative manifeste de couper une ressource vitale et de compromettre sa capacité à demeurer sur la terre ancestrale dont il a hérité.

Cisjordanie : enlèvements en série

Dans le village de Fahma, au sud-ouest de Jénine, Labeeb Nawasrah, un père palestinien, a été séparé de ses quatre fils — Yusuf, Ihsan, Ibrahim et Mahmoud — après que les forces d’occupation les ont tous enlevés en l’espace d’un an. 

                    Etc... etc...

                      Et pourtant les Palestiniens, malgré les bombardements, les emprisonnements, les enlèvements, les tortures, les vols de terres, les empoisonnements d'eau potable, les checkpoints, le racisme institutionnalisé, les empêchements de toute sorte, les Palestiniens résistent, comme en témoigne le document (film d'animation) qu'ils ont réalisé, 1000 jours de génocide, que vous pouvez regarder ici :  

https://europalestine.com/2026/07/14/video-realisee-par-des-palestiniens-pour-illustrer-1000-jours-de-genocide-a-gaza/