lundi 20 juillet 2026

20 juillet 2026 : des trains d'aujourd'hui...

 

Nous en sommes maintenant au billet dématérialisé, aux automates dans les halle de gares remplaçant les guichetiers en voie de disparition. Beaucoup moins loquaces, fréquemment hors service, ces robots ont déshumanisé les gares.

(Jean-François Troin, Même pas vieux !, L’Harmattan, 2023)

 

                    Décidément, les trains me jouent de sales tours en ce moment ! 

                    Fin mai, je rentre  de ma rencontre de Ferney-Voltaire où j'ai retrouvé mes enfants et leurs familles, à l'occasion de l'anniversaire de ma petite fille Sasha, 4 ans. Le trajet entre Ferney et Lyon, en TER, se passe bien. A Lyon, je prends le bus jusqu'à Montpellier, où je passe la nuit. Le lendemain, de nouveau le bus jusqu'à Toulouse. Puis, l'après-midi, le TGV de Toulouse à Bordeaux. Arrêt à la gare de Langon, non prévu. Au bout d'un quart d'heure, annonce au haut-parleur : "Une borne incendie à éclaté près de la voie que nous empruntons, entraînant une coulée de boue sur les rails. Nous sommes bloqués ! Pour vous dégourdir les jambes, on va vous ouvrir les portes, car la réparation peut durer longtemps, et distribuer des bouteilles d'eau." Résultat, le TGV ne bouge pas pendant trois heures. Puis il poursuit sa route en empruntant l'autre voie, et met 1 h 20 pour faire le chemin, 45 km parcourus à l'allure des trains du XIXème siècle ! Un TGV devenu TPV (Train à Petite Vitesse) !!!


ce jour-là, j'ai retrouvé un train de l'ancien temps

                    Fin juin : ma fille me réclame à Londres. J'en profite pour faire un arrêt à Paris pour assister à L'Assemblée générale de mon association de soutien à la Palestine, puis un deuxième arrêt à Amines, pour rendre visite à mon amie Catherine. Le lendemain, j'emprunte le TER Amiens-Lille, d'où je rejoindrai l'Eurostar (le train passant sous la Manche) qui m'emportera jusqu'à Londres. Heureusement que j'avais prévu large. Mon TER est supprimé, je dois prendre le suivant. Résultat, une heure de retard à Lille. J'avais envisagé cette possibilité, j'avais deux heures de battement entre les deux trains. Et mon train international avait une demi-heure de retard !

                    La veille du retour de Londres, je reçois un SMS signalant que mon Eurostar de retour jusqu'à Lille est supprimé. Affolé, je me fais aider par Lucile et Pierryl, plus aptes que moi à user du smartphone. Les quatre autres Eurostars de la journée sont complets. Ils m'en dégotent un (et font l'échange) pour le lendemain, 6 h du matin, tous les autres affichant aussi complet ; je devrai prendre un taxi pour me rendre à la gare. Mais les enfants me font changer aussi les billets de retour Lille-Paris et Paris-Bordeaux. On trouve un Lille-Paris, mais tous les Paris-Bordeaux affichaient complet aussi. Donc obligation de passer une nuit à Paris, heureusement que j'ai des cousins complaisants, je leur téléphone illico, ils me disent pas de problèmes, merci à eux ! Mais pour le lendemain, tous les trains de la journée étaient complets également. Je dis à Pierryl de m'annuler le billet que j'avais pris avant de partir (la SNCF me le rembourse, incroyable), et je lui dis : "Prends-moi un Flixbus, je rentrerai en autocar". Aussitôt dit aussitôt fait, il y avait de la place dans le Paris-Lisbonne qui faisait escale à Bordeaux !


 mais où sont les trains de mon enfance ?

                    Résultat des courses : je suis rentré avec deux jours de retard. Mais mon séjour londonien a été prolongé d'une journée. J'en ai profité pour baguenauder au centre ville, le long de la Tamise, et revoir la National gallery, où j'ai vu les salles des impressionnistes, des peintres vénitiens et admirer Turner. Heureusement que j'ai eu Lucile et Pierryl pour m'aider à faire tous ces échanges de billets ! Je leur dois un grand merci.

et je pensais à Mathieu et à son petit train en bois
 

                    Revenu ici, j'en ai parlé à des voisins qui m'ont dit : "Qu'est-ce que tu t'emmerdes à aller là-bas comme ça ? Prends l'avion, c'est plus rapide, et tellement simple !" Oui, mais c'est compliqué, l'avion Bordeaux-Paris atterrit à  70 km de Londres, et puis, écologiquement, c'est pas idéal : dans ce cas, pourquoi ne pas aller aussi en avion à Paris ou à Lyon ??? Avec le train, j'arrive au centre de Londres, d'où un métro direct m'emmène chez ma fille. Et vu les ennuis que j'ai eus avec l'Eurostar, je me demande si une prochaine fois, je ne tenterai pas plutôt le ferry qui traverse la Manche, comme à l'époque de mes premiers voyages en Angleterre, au début des années 70 ! Voilà qui me rajeunirait !!!

 

dimanche 19 juillet 2026

19 juillet 2026 : Palestine (Gaza, Cisjordanie), Liban, Iran...

La destruction de Gaza a, bien sûr, duré deux ans – mais ce n’était pas une guerre, c’était un génocide, la liquidation du ghetto de Varsovie en version XXL.

(Alain Brossat, Lundi matin, 16 mars 2026)

 

                    Il ne se passe pas de jour où je ne brûle de parler des terrifiantes exactions israéliennes à Gaza (car elles continuent) et en Cisjordanie, sans parler du Liban. Si je m'écoutais, chaque jour je consacrerai une page de mon blog au martyre de ce peuple, qui se produit dans l'indifférence générale des puissants du monde entier. Car ce n'est pas les médias qui risquent de nous en informer : on ne signale des morts que quand c'est des morts israéliens ou américains. Encore aujourd'hui, deux Américains sont morts en Jordanie, suite à une frappe iranienne. Celle-ci ne faisait pourtant que répondre aux frappes américaines qui, elles, font des morts en quantité, y compris dans un bombardement d'hôpital il y a deux jours, tuant entre autres pas mal d'enfants malades. Ne comptez pas sur les grands "merdias" (journaux, télévision, internet) pour nous en parler !

 

                    Et pourtant, voici en une seule journée, celle d'hier, quelques phases de ce qui set passe par là-bas :

Assassins !

Destruction massive causée par un bombardement israélien visant un appartement dans le centre de la ville de Gaza, qui a tué 8 Palestiniens, dont 3 enfants. Depuis samedi matin matin, 10 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par les attaques israéliennes en cours. Et l’on compte au moins 17 blessés.

Israël ne s’arrête que lorsqu’on l’arrête…

Des colons et des soldats israéliens rasent des centaines d’acres de terres palestiniennes à l’ouest de Ramallah. Ces opérations de nivellement sont généralement suivies de la saisie de terres palestiniennes en vue d’établir des colonies israéliennes illégales et d’expulser les Palestiniens de leurs terres. Les milliers d’oliviers arrachés le sont dans le même but.

Un journaliste palestinien interdit d’entrer dans la mosquée al-Aqsa !

Israël vient d’interdire au journaliste Areen Zaanin, détenu palestinien libéré, d’entrer dans la mosquée Al-Aqsa pendant six mois ! Israël n’aime pas les journalistes. Combien de fois faudra-t-il vous le répéter ? 

Ils empoisonnent les puits des Palestiniens

Des colons israéliens ont commis un crime dans l’ouest de Ramallah ,en empoisonnant, à l’aide de substances mortelles, l’unique puits de l’agriculteur Saber Othman il s’agit là d’une tentative manifeste de couper une ressource vitale et de compromettre sa capacité à demeurer sur la terre ancestrale dont il a hérité.

Cisjordanie : enlèvements en série

Dans le village de Fahma, au sud-ouest de Jénine, Labeeb Nawasrah, un père palestinien, a été séparé de ses quatre fils — Yusuf, Ihsan, Ibrahim et Mahmoud — après que les forces d’occupation les ont tous enlevés en l’espace d’un an. 

                    Etc... etc...

                      Et pourtant les Palestiniens, malgré les bombardements, les emprisonnements, les enlèvements, les tortures, les vols de terres, les empoisonnements d'eau potable, les checkpoints, le racisme institutionnalisé, les empêchements de toute sorte, les Palestiniens résistent, comme en témoigne le document (film d'animation) qu'ils ont réalisé, 1000 jours de génocide, que vous pouvez regarder ici :  

https://europalestine.com/2026/07/14/video-realisee-par-des-palestiniens-pour-illustrer-1000-jours-de-genocide-a-gaza/ 

samedi 18 juillet 2026

18 juillet 2026: la chanson du mois, Jeanne Moreau

Shakespeare, c’est cela : il faut creuser son âme pour espérer de belles profondeurs, il faut fortifier la berge de ses lèvres et les quais de ses mâchoires pour que des supertankers de mots manœuvrent et profitent de leur erre pour faire escale et décharger leurs soutes pleines de sens.

(Philippe Torreton, Thank you, Shakespeare, Flammarion, 2016)

                    Eh bien, ce que Torreton  dit de Shakespeare, peut se dire aussi de beaucoup de chansons : ainsi les chansons de Rezvani atteignent souvent de belles profondeurs, touchent l'âme et leurs mots apportent du sens. Et quand elles sont chantées par Jeanne Moreau la magnifique, on est troublé, on se comprend soi-même mieux et l'envie nous prend de chanter aussi.


 ADIEU MA VIE

Adieu ma vie, je fais la belle
Adieu ma vie et ses tracas
Moi, je me tire pour toujours
J'ai rencontré le grand amour
Et je n' veux pas, et je n' veux pas
Le mélanger à mon passé
À mes ennuis de chaque jour
Pour cette fois, vous n' m'aurez pas

Adieu ma vie toute en dentelle
À l'ombre de la tour Eiffel
Adieu ma vie, j' me r'tourne pas
J' n'ai pas un seul regret pour toi
Je t'aimais pas, je t'aimais pas
J'ai rencontré le grand amour
Et je me tire à tout jamais
Sans le moindre regret pour toi

Adieu ma vie tracée d'avance
Ce petit ch'min qui va tout droit
À moi les horizons immenses
Respirer en ouvrant les bras
Pouvoir chanter, pouvoir chanter
Aimer sans plus penser à rien
Sans lendemain, sans aucun lien
D'un jour à l'autre, tout comme ça vient

Adieu ma vie, je fais la belle
Adieu ma vie et ses tracas
Moi, je me tire pour toujours
J'ai rencontré le grand amour
Et je n' veux pas, et je n' veux pas
Le mélanger à mon passé
À mes ennuis de chaque jour

Pour cette fois, vous n' m'aurez pas !  

Pour l'écouter : 

https://www.youtube.com/watch?v=iCVqb_EocdI