vendredi 27 mars 2026

27 mars 2026 : acharnement judiciaire contre le soutien à la Palestine

Un règlement doit avoir pour base l’évacuation des territoires qui ont été pris par la force, la fin de toute belligérance, et la reconnaissance de chacun des États en cause par tous les autres. Maintenant, Israël organise sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut pas aller sans oppression, répression, expulsion, et il s’y manifeste contre lui une résistance qu’il qualifie de terrorisme.

(Charles de Gaulle, conférence de presse, 27 novembre 1967)

 

 

                        Une fois de plus, la justice française se permet de condamner la présidente de l'Associaion Europalestine pour "apologie du terrorisme". Il suffit de condamner la guerre génocidaire qu'a menée Israël pour être taxé d'antisémitisme ou de suppôt du terrorisme. Alors qu'il s'agit d'antisionisme, c'est-à-dire d'anti-colonialisme, car le sionisme est la nouvelle forme du colonialisme avec tous les dégâts qu'il cause : vols de terres, vols de bétail, destruction de maisons et de cultures, assassinats divers et variés, torture de prisonniers, racisme généralisé, arbitraire total, guerre génocidaire, populations expulsées et affamées, défi au et déni du droit international, etc. La plupart des médias aux ordres en parle à peine. Heureusement, il existe des associations et des individus dans de nombreux pays qui ne succombent pas à la propagande sioniste quasi générale dans les médias.

                        Demain dans de nombreuses villes de France, aura lieu une manifestation dont voici l'annonce ci-dessous : allez-y nombreux !


et voici le 

 Communiqué de l"Association France Palestine Solidarité (AFPS) 27 mars 2026

Ce jeudi 26 mars, le tribunal judiciaire de Paris a condamné Olivia Zémor, présidente d’EuroPalestine, à 24 mois de prison avec sursis, une inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes, 3000 euros de dommages et intérêts, 2000 euros de frais de justice, ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans.

Poursuivie pour « apologie du terrorisme » suite à la publication de deux articles les 7 est 8 octobre 2023 sur le site d’EuroPalestine, Olivia Zémor a indiqué à la sortie du tribunal avoir évidemment fait appel de cette condamnation extrêmement lourde à l’encontre d’une militante de la solidarité avec le peuple palestinien.

L’Association France Palestine Solidarité dénonce l’acharnement politique et judiciaire subi par les porte-paroles d’EuroPalestine et apporte tout son soutien à Olivia Zémor. Elle dénonce également l’arrestation et la garde à vue brutale avec mise à sac de son appartement et celui du cofondateur et vice-président de l’association, Nicolas Shashahani, le mardi 17 mars. Le compagnon d’Olivia Zémor est également poursuivi pour « apologie du terrorisme » et doit comparaître à son tour en septembre prochain.

Cet acharnement est le signe inquiétant que les instances judiciaires de notre pays restent particulièrement mobilisées pour intimider et bâillonner le mouvement de solidarité avec la Palestine. Les accusations sont graves, les audiences à charge, les verdicts brutaux, en décalage avec les recommandations du droit international. Des procédures qui pour l’instant finissent en général par être dénoncées, notamment par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), comme des atteintes injustifiées à la liberté d’expression. Mais qui sont néanmoins des entraves réelles à nos libertés associatives, syndicales ou politiques d’exprimer notre solidarité avec les victimes de la politique criminelle de l’État israélien.

Personne n’est dupe du fait que derrière ces dizaines de plaintes pour « apologie du terrorisme » se trouvent des associations, notamment de juristes, qui défendent la politique d’Israël et accusent d’antisémitisme toute personne osant critiquer la colonisation ou la guerre génocidaire à Gaza. Elles se sont donné pour mission de délégitimer le mouvement de solidarité et si possible de le faire condamner. Il est assez pitoyable de constater que la justice de notre pays est plus encline à écouter les partisans du génocide à Gaza plutôt que de les condamner comme le lui recommandent pourtant des instances comme la Cour Internationale de Justice ou la Cour Pénale Internationale.

L’Association France Palestine Solidarité continuera de prendre toute sa place dans les initiatives unitaires contre la criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine. Cette mobilisation est d’autant plus essentielle que le gouvernement s’apprête à proposer au vote de l’Assemblée nationale les 16 et 17 avril la proposition de loi (PPL 575) dite « loi Yadan ». Une loi qui, au prétexte de lutter « contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », vise en fait à inscrire dans le marbre de la loi une législation encore plus liberticide et dangereuse pour notre liberté d’expression.

Partout en France se tiendront ce samedi des manifestations de solidarité avec le peuple palestinien à l’occasion de la Journée de la Terre. Nous devons y être nombreuses et nombreux pour exiger la justice et la fin du génocide mais aussi l’abandon des poursuites contre les militant·es d’EuroPalestine et tous·tes les militant·es de la cause palestinienne.

Ils ne nous feront pas taire !

*                    *                    *

 

                         Et ne manquez pas non plus deux films qui passent dans le circuit cinématographique en ce moment : Palestine 36 et Ce qu'il reste de nous et qui nous donnent des aperçus historiques pertinents sur la question palestinienne.


 

 

vendredi 20 mars 2026

20 mars 2026 : la vieillesse

 

J’ai téléphoné à Saint Pierre, il m’a dit que c’était complet.

(Un vieux monsieur - 91 ans - dans le tram à Montpellier)

 

                Lors de ma dernière vadrouille, comme toujours, j'ai rencontré plain de monde : mais je me suis aperçu que "les rencontres, quand elles doivent se faire, ont lieu par le plus beau des hasards et non par une recherche active" (Edmond Thomas, Plein chant). Ainsi je suis tombé dans la tram, entre l'arrivée du bus départemental qui venait de Pézenas et la place de la Comédie de Montpellier, trajet qui dure une bonne demi-heure, sur ce vieux monsieur couronné de cheveux blancs, qui s'est assis en face de moi. J'ai bien vu qu'il avait des difficultés à marcher et à rester debout. Et après cinq minutes d'observation, il me dit : "Mon bon monsieur, il fait pas bon vieillir !" Je lui réponds : "J'en sais quelque chose, je viens d'avoir 80 ans !" Il rétorque aussitôt : "Oh la la, vous n'êtes qu'un gamin, j'en ai 91, et de plus en plus de difficultés pour me déplacer ! J'en ai un peu marre. Alors, j’ai téléphoné à Saint Pierre, là-haut, et il m’a répondu que c’était complet. Vous vous rendez compte, ils ne veulent pas de moi, ils me laissent moisir ici et souffrit." Et, après un sourire tout de même, il a conclu: 'On devrait pas vivre si vieux..."

                    Cette très belle rencontre, dont le vieil homme  est sorti rajeuni, m'a-t-il semblé, s'est terminée par des effusions de nos mains qui m'ont fait chaud au cœur ; je serai volontiers resté encore un peu à papoter avec lui. Quand je fais de telles rencontres de hasard ici, à Bordeaux (comme j'en ai fait toute ma vie dans les lieux où j'ai vécu), ça débouche parfois sur une amitié qui dure. Sinon, ça reste éphémère, mais ça embellit mes déplacements.

                    En tout cas, ça m'a donné envie de relire le livre de l'Ecclésiaste dont le nom hébreu est Qohéleth), un des plus beaux de l'Ancien Testament et un de mas préférés (j'aime aussi beaucoup Job et les Psaumes). Il me souvenait d'y avoir lu de belles pensées sur la vieillesse et, comme chacun sait, je me ressource dans les livres de spiritualité tout autant que dans la poésie.

QOHÉLETH (ECCLÉSIASTE) chapitre12

La vieillesse et la mort (traduction œcuménique)

Et souviens-toi de ton Créateur

aux jours de ton adolescence,

– avant que ne viennent les mauvais jours

et que n'arrivent les années dont tu diras :

« Je n'y ai aucun plaisir »,

– avant que ne s'assombrissent le soleil et la lumière

et la lune et les étoiles,

et que les nuages ne reviennent, puis la pluie,

au jour où tremblent les gardiens de la maison,

où se courbent les hommes vigoureux,

où s'arrêtent celles qui meulent, trop peu nombreuses,

où perdent leur éclat celles qui regardent par la fenêtre,

quand les battants se ferment sur la rue,

tandis que tombe la voix de la meule,

quand on se lève au chant de l'oiseau

et que les vocalises s'éteignent ;

alors, on a peur de la montée,

on a des frayeurs en chemin,

tandis que l'amandier est en fleur,

que la sauterelle s'alourdit

et que le fruit du câprier éclate ;

alors que l'homme s'en va vers sa maison d'éternité,

et que déjà les pleureuses rôdent dans la rue ;

– avant que ne se détache le fil argenté

et que la coupe d'or ne se brise,

que la jarre ne se casse à la fontaine

et qu'à la citerne la poulie ne se brise,

– avant que la poussière ne retourne à la terre, selon ce qu'elle était,

et que le souffle ne retourne à Dieu qui l'avait donné.
 
                     Chacun peut commenter ce texte à sa façon, y puiser des leçons de sagesse ou, comme moi, quand le temps de la vieillesse est arrivé, y trouver de quoi continuer à vivre dans ce moment délicat de la vie où les gestes et les paroles s'amenuisent et où on a l'impression de ne plus influer sur le cours de l'existence, si tant est qu'on ait pu le faire dans sa jeunesse ou dans son âge mûr. En tout cas, je vous recommande de lire l'Ecclésiaste (ou Qohéleth) si vous né l'avez jamais fait.
 
 
                    On y trouve les célèbres phrases vanité des vanités, tout est vanité ou Rien de nouveau sous le soleil.


 

mardi 17 mars 2026

17 mars 2026 : des monstres nous imposent leur guerre

 

11 septembre […] La différence, ce matin-là, est que ceux et celles qui tombèrent des tours et s’évanouir avec elles étaient des gens comme nous, pas des sauvages, pas des esclaves, pas des pauvres losers, pas des étrangers étranges et autres habitués de la mort […], dont les vies se sont brutalement et cruellement arrêtées, par un acte de Dieu, pas lui, mais l’autre.

(Serge Bouchard, Les yeux tristes de mon camion, Boréal, 2017)

 

                    Évidemment,  comme Israël a montré l'exemple en détruisant Gaza, sans que le reste du monde (grands états, ONU) ne lève le petit doigt, pourquoi va-t-on se gêner désormais pour enlever des chefs d'état (les USA et Maduro), pour continuer à affamer des peuples (Israël et Gaza, les USA et Cuba), à bombarder à tout va (la Russie en Ukraine, Israël à Gaza, au Liban et en Iran, les USA en Iran), à enlever, emprisonner, détruire et assassiner (Israël en Cisjordanie et peut-être au Liban). 

                    Ah, elles sont belles, nos démocraties, elles peuvent toujours critiquer les dictatures (et ne s'en privent pas) ! Mais qui les critique, elles ?  Elles sont blanches comme neige (Israël ne se targue-t-il pas d'avoir l'armée la plus morale du monde ?), et à la moindre critique, on est taxé d'anti-américanisme primaire ou d'antisémitisme.

                    Il est vrai que les armes se sont drôlement sophistiquées. On peut frapper sans perdre quasiment aucun homme, les drones, les missiles, les avions de chasse se chargent de la sale besogne en n'épargnant pas un bâtiment, une école, un hôpital supposés cacher d'affreux terroristes se dissimulant derrière un rideau de gens du peuple, d'enfants, de femmes, de vieillards probablement tous coupables de couvrir ces terroristes. 

 dessin de Karak

                    Mais qui dénonce le terrorisme d'état ? Je disais déjà il y a soixante ans que "Hitler avait gagné la guerre", puisque désormais les belligérants de tous bords font comme lui, sans foi ni loi... Et que, malheureusement, même le droit international (si laborieusement né après 1945)n'est plus qu'un mot vide de sens : il n'empêche pas les génocides, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité, la barbarie, de s'intensifier... Je ne pensais pas voir ça de mon vivant. Naïf que j'étais, à vingt ans, de croire au progrès spirituel, moral et intellectuel de l'humanité, à la sagesse des nations, à l'intelligence des gouvernants, au pacifisme, à la fraternité universelle, à l'amitié entre les peuples...

                    Maintenant, alors que j'approche de mes dernières années, je vois que tout ce que j'ai cru n'était que billevesées, que je vais laisser un monde pire que celui de ma jeunesse, où on pouvait croire encore à un monde meilleur. Et pourtant, je crois que la fraternité seule pourra sauver le monde. J'ai eu la chance d'avoir des amis (français, polonais, écossais, québécois, malgaches, marocains, etc.), qui m'empêchent de sombrer dans le désespoir. Heureusement, de nombreuses associations nous laissent un peu d'espoir ! Et les poètes sont porteurs d'espérance.

 

Écoutez le beau texte de Serge Pey sur les horreurs de la guerre et tous ceux qui ne veulent pas savoir !

https://mail.google.com/mail/u/0/?pli=1#inbox/FMfcgzQfCMwNkhNMKgBHVChtmrdkKkdG