dimanche 19 juillet 2026

19 juillet 2026 : Palestine (Gaza, Cisjordanie), Liban, Iran...

La destruction de Gaza a, bien sûr, duré deux ans – mais ce n’était pas une guerre, c’était un génocide, la liquidation du ghetto de Varsovie en version XXL.

(Alain Brossat, Lundi matin, 16 mars 2026)

 

                    Il ne se passe pas de jour où je ne brûle de parler des terrifiantes exactions israéliennes à Gaza (car elles continuent) et en Cisjordanie, sans parler du Liban. Si je m'écoutais, chaque jour je consacrerai une page de mon blog au martyre de ce peuple, qui se produit dans l'indifférence générale des puissants du monde entier. Car ce n'est pas les médias qui risquent de nous en informer : on ne signale des morts que quand c'est des morts israéliens ou américains. Encore aujourd'hui, deux Américains sont morts en Jordanie, suite à une frappe iranienne. Celle-ci ne faisait pourtant que répondre aux frappes américaines qui, elles, font des morts en quantité, y compris dans un bombardement d'hôpital il y a deux jours, tuant entre autres pas mal d'enfants malades. Ne comptez pas sur les grands "merdias" (journaux, télévision, internet) pour nous en parler !

 

                    Et pourtant, voici en une seule journée, celle d'hier, quelques phases de ce qui set passe par là-bas :

Assassins !

Destruction massive causée par un bombardement israélien visant un appartement dans le centre de la ville de Gaza, qui a tué 8 Palestiniens, dont 3 enfants. Depuis samedi matin matin, 10 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par les attaques israéliennes en cours. Et l’on compte au moins 17 blessés.

Israël ne s’arrête que lorsqu’on l’arrête…

Des colons et des soldats israéliens rasent des centaines d’acres de terres palestiniennes à l’ouest de Ramallah. Ces opérations de nivellement sont généralement suivies de la saisie de terres palestiniennes en vue d’établir des colonies israéliennes illégales et d’expulser les Palestiniens de leurs terres. Les milliers d’oliviers arrachés le sont dans le même but.

Un journaliste palestinien interdit d’entrer dans la mosquée al-Aqsa !

Israël vient d’interdire au journaliste Areen Zaanin, détenu palestinien libéré, d’entrer dans la mosquée Al-Aqsa pendant six mois ! Israël n’aime pas les journalistes. Combien de fois faudra-t-il vous le répéter ? 

Ils empoisonnent les puits des Palestiniens

Des colons israéliens ont commis un crime dans l’ouest de Ramallah ,en empoisonnant, à l’aide de substances mortelles, l’unique puits de l’agriculteur Saber Othman il s’agit là d’une tentative manifeste de couper une ressource vitale et de compromettre sa capacité à demeurer sur la terre ancestrale dont il a hérité.

Cisjordanie : enlèvements en série

Dans le village de Fahma, au sud-ouest de Jénine, Labeeb Nawasrah, un père palestinien, a été séparé de ses quatre fils — Yusuf, Ihsan, Ibrahim et Mahmoud — après que les forces d’occupation les ont tous enlevés en l’espace d’un an. 

                    Etc... etc...

                      Et pourtant les Palestiniens, malgré les bombardements, les emprisonnements, les enlèvements, les tortures, les vols de terres, les empoisonnements d'eau potable, les checkpoints, le racisme institutionnalisé, les empêchements de toute sorte, les Palestiniens résistent, comme en témoigne le document (film d'animation) qu'ils ont réalisé, 1000 jours de génocide, que vous pouvez regarder ici :  

https://europalestine.com/2026/07/14/video-realisee-par-des-palestiniens-pour-illustrer-1000-jours-de-genocide-a-gaza/ 

samedi 18 juillet 2026

18 juillet 2026: la chanson du mois, Jeanne Moreau

Shakespeare, c’est cela : il faut creuser son âme pour espérer de belles profondeurs, il faut fortifier la berge de ses lèvres et les quais de ses mâchoires pour que des supertankers de mots manœuvrent et profitent de leur erre pour faire escale et décharger leurs soutes pleines de sens.

(Philippe Torreton, Thank you, Shakespeare, Flammarion, 2016)

                    Eh bien, ce que Torreton  dit de Shakespeare, peut se dire aussi de beaucoup de chansons : ainsi les chansons de Rezvani atteignent souvent de belles profondeurs, touchent l'âme et leurs mots apportent du sens. Et quand elles sont chantées par Jeanne Moreau la magnifique, on est troublé, on se comprend soi-même mieux et l'envie nous prend de chanter aussi.


 ADIEU MA VIE

Adieu ma vie, je fais la belle
Adieu ma vie et ses tracas
Moi, je me tire pour toujours
J'ai rencontré le grand amour
Et je n' veux pas, et je n' veux pas
Le mélanger à mon passé
À mes ennuis de chaque jour
Pour cette fois, vous n' m'aurez pas

Adieu ma vie toute en dentelle
À l'ombre de la tour Eiffel
Adieu ma vie, j' me r'tourne pas
J' n'ai pas un seul regret pour toi
Je t'aimais pas, je t'aimais pas
J'ai rencontré le grand amour
Et je me tire à tout jamais
Sans le moindre regret pour toi

Adieu ma vie tracée d'avance
Ce petit ch'min qui va tout droit
À moi les horizons immenses
Respirer en ouvrant les bras
Pouvoir chanter, pouvoir chanter
Aimer sans plus penser à rien
Sans lendemain, sans aucun lien
D'un jour à l'autre, tout comme ça vient

Adieu ma vie, je fais la belle
Adieu ma vie et ses tracas
Moi, je me tire pour toujours
J'ai rencontré le grand amour
Et je n' veux pas, et je n' veux pas
Le mélanger à mon passé
À mes ennuis de chaque jour

Pour cette fois, vous n' m'aurez pas !  

Pour l'écouter : 

https://www.youtube.com/watch?v=iCVqb_EocdI 

dimanche 5 juillet 2026

5 juillet 2026 : le poème du mois

 nous sommes seuls à être ce que nous sommes, et à vivre ce que nous vivons…

(Bernard Chambaz, Petite philosophie du vélo, Milan, 2008)

                      

                    Après ma nouvelle pérégrination (Paris - Amiens - Londres) qui m'a permis de revoir famille et amie, et de m'attarder plus que prévu, car un train annulé et pour le trajet de retour Bordeaux-Paris, tous les trains étaient complets, et j'ai dû faire le parcours en bus, je me suis rappelé de ce poème de Nerval qui, certes, parle de voyage lent également, mais où il y avait des compensations : flâner aux arrêts, s'écouter vivre, s'enivrer de l'odeur du foin, prendre le temps de regarder le ciel...

                    On est loin de nos modernes machines, rapides mais qui ressemblent plus à des fabriques de déplacements qu'à de voyage en vie réelle. Bon, j'ai survécu, je suis bien rentré. Mais j'ai pensé à Ulysse et à son voyage de retour qui a duré dix années, remplies  de risques, d'aventures, de rencontres, d'amitié et d'amour. Et j'ai rêvé...

         

Le relais

En voyage, on s'arrête, on descend de voiture ;
Puis entre deux maisons on passe à l'aventure,
Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,
L’œil fatigué de voir et le corps engourdi.

Et voici tout à coup, silencieuse et verte,
Une vallée humide et de lilas couverte,
Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, -
Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !

On se couche dans l'herbe et l'on s'écoute vivre,
De l'odeur du foin vert à loisir on s'enivre,
Et sans penser à rien on regarde les cieux...
Hélas ! une voix crie : "En voiture, messieurs !"

            Gérard de Nerval

                            Mais où sont passés les tortillards d'antan ?