dimanche 5 juillet 2026

5 juillet 2026 : le poème du mois

 nous sommes seuls à être ce que nous sommes, et à vivre ce que nous vivons…

(Bernard Chambaz, Petite philosophie du vélo, Milan, 2008)

                      

                    Après ma nouvelle pérégrination (Paris - Amiens - Londres) qui m'a permis de revoir famille et amie, et de m'attarder plus que prévu, car un train annulé et pour le trajet de retour Bordeaux-Paris, tous les trains étaient complets, et j'ai dû faire le parcours en bus, je me suis rappelé de ce poème de Nerval qui, certes, parle de voyage lent également, mais où il y avait des compensations : flâner aux arrêts, s'écouter vivre, s'enivrer de l'odeur du foin, prendre le temps de regarder le ciel...

                    On est loin de nos modernes machines, rapides mais qui ressemblent plus à des fabriques de déplacements qu'à de voyage en vie réelle. Bon, j'ai survécu, je suis bien rentré. Mais j'ai pensé à Ulysse et à son voyage de retour qui a duré dix années, remplies  de risques, d'aventures, de rencontres, d'amitié et d'amour. Et j'ai rêvé...

         

Le relais

En voyage, on s'arrête, on descend de voiture ;
Puis entre deux maisons on passe à l'aventure,
Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,
L’œil fatigué de voir et le corps engourdi.

Et voici tout à coup, silencieuse et verte,
Une vallée humide et de lilas couverte,
Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, -
Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !

On se couche dans l'herbe et l'on s'écoute vivre,
De l'odeur du foin vert à loisir on s'enivre,
Et sans penser à rien on regarde les cieux...
Hélas ! une voix crie : "En voiture, messieurs !"

            Gérard de Nerval

                            Mais où sont passés les tortillards d'antan ?

 



 

samedi 4 juillet 2026

4 juillet 2026 : pour la Palestine, encore

 

Je sais bien des étudiants aux yeux fatigués qui grandiraient plus vite tant sur le plan intellectuel que physique si, au lieu de veiller si tard, ils dormaient tout leur saoul. 

(Henry David Thoreau, De la marche, trad. Thierry Gillebeuf, 1001 nuits, 2009)

                       

                         Je reviens de Paros (et d'Amiens, et de Londres). 

                  J'ai assisté à Paris à l'Assemblée générale de l'association de soutien à la la Palestine EUROPALESTINE, qui existe encore, encore, malgré les menaces de dissolution de notre indigne gouvernement, pour qui soutenir la Palestine est maintenant considérer comme une "apologie du terrorisme" et que de nombreux militants y sont mis en examen à ce titre. Mais enfin, pour le moment, on peut encore clamer notre soutien !


                     Je ne me prive donc pas de le faire, en vous renvoyant à un texte nouvellement sur sur le site bruxelles-pantheres, car les Français ne sont pas les seuls à protester ! Nos amis belges aussi.

                    Lire le texte, assez long, ici :  https://bruxelles-pantheres.be/?p=6835 

 

jeudi 11 juin 2026

11 juin 2026 : Un conte soufi

N'attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites ; décide de vouloir les événements comme ils arrivent, et tu seras heureux.
(Épictète, Manuel, Thélème, 2011)

                     Je suis en train de lire Les 5 piliers de la sagesse (Albin Michel, 2025), de Frédéric Lenoir, dont j'avais déjà lu quelques livres, toujours avec beaucoup d'intérêt. C'est un livre de philosophie pratique, qui montre comment s'approcher de la sagesse. Il nous livre ici les pistes créées par les traditions anciennes, les penseurs antiques (Socrate, Épictète, Sénèque, Marc-Aurèle),  la sagesse orientale (bouddhisme en particulier, mais aussi taoïsme), ou encore religieuse (Bible et évangiles surtout), moyen-orientale (Rûmi, les soufis), occidentale (principalement Montaigne, Spinoza et Nietzsche). Je vous laisse découvrir quels sont ces cinq piliers. J'ai pensé beaucoup à Claire en le lisant.

 

                        Je vous livre ici un conte soufi que l'auteur cite  pour illustrer son propos.

 

Un étranger arrive devant la porte d'une ville et questionne un vieil homme assis devant la porte : 

Toi, vieux sage, tu dois bien connaître les habitants d'ici. Peux-tu me dire comment sont les gens de cette ville ? Sont-ils  accueillants, aimables, bienveillants ?"

Le vieil homme sourit, comme le font souvent les sages, et, au lieu de répondre, il retourne la question :

" Dis-moi, étranger, comment étaient les gens dans la ville d'où tu viens ?"

L'homme fait une grimace.

" Honnêtement, ils étaient désagréables, mesquines, égoïstes. Une vraie plaie."

Alors le sage lui répond :

" Eh bien, ici, tu trouveras les mêmes."

Un peu plus tard, un autres étranger arrive, pose exactement le même question. Le sage lui demande également :

" Et dans la ville d'où tu viens, comment étaient les gens ?"

L'homme répondit avec un grand sourire :

"Ils étaient accueillants, aimables, bienveillants."

Alors le sage lui dit : 

" Ici, tu les trouveras pareils."

Un vendeur de chameaux qui avait entendu les deux conversations s'approche, intrigué 

" Vieil homme, tu es un menteur ! Tu dis une chose à l'un, le contraire à l'autre ? Les gens d'ici sont-ils bons ou mauvais ?"

Et le sage de répondre calmement :

" Cela n'a aucune importance, car chacun porte le monde dans son regard. Celui qui est malheureux quelque part le sera partout. Celui qui est heureux en un lieu saura trouver le bonheur ailleurs."