lundi 18 mai 2026

18 mai 2026 : La flotille de la liberté

 

C’est le silence, parfois impressionnant, qui précède les gestations à venir, un nouveau monde prêt à éclore.
(Loïc Gicquel des Touches, Ce que die la Bible sur la vieillesse, Nouvelle Cité, 2025)

 

                    Je reste silencieux devant les nouvelles venant d’Israël, et des nouveaux arraisonnements de bateaux de la Flottille de la liberté en route vers Gaza.

 

 

Stop à l'impunité israélienne en Méditerranée

Une fois de plus la marine israélienne attaque en toute impunité les militant-es de la solidarité qui naviguaient vers Gaza sur les bateaux de la Global Sumud Flottilla. Ce matin vers 10h, heure française, les autorités israéliennes se sont rendues coupables d’un nouvel acte de piraterie dans les eaux internationales au large de Chypre à 466 km de Gaza. À l’heure où sont écrites ces lignes, 16 des 52 embarcations de la flottille ont été interceptées. Une fois de plus, c’est en violation du droit international que les équipages humanitaires et pacifiques sont menacés et kidnappés pour avoir tenté de faire ce que tous les États européens devraient faire depuis longtemps, à savoir imposer la levée du blocus illégal de Gaza par Israël et permettre qu’arrive toute l’aide humanitaire et médicale dont la population a un urgent besoin.

L’AFPS appelle à soutenir les actions de protestation contre ce nouvel acte de piraterie. Elle appelle à organiser partout où c’est possible dès ce soir et dans les jours qui viennent des rassemblements unitaires en solidarité avec les équipages de la flottille qui doivent pouvoir poursuivre leur navigation vers Gaza et demander au gouvernement français d’agir pour assurer leur protection.



Interception israélienne des bateaux des flottilles pour Gaza dans les eaux internationales / appel à se mobiliser partout en France

Campagne française de la flottille de la liberté pour Gaza dont l'AFPS est membre

Ce matin, les bateaux des flottilles Global Sumud Flottilla et FFC ont subi des attaques de l’armée israélienne. Il s’agit d’un acte de piraterie commis dans les eaux internationales, à 400 kilomètres des côtes de Gaza. En fin de matinée 9 bateaux avaient été été interceptés sur une flottille composée de 52 bateaux. Près de 500 militant·es dont une quarantaine de Français·es, sont menacé·es par les actions illégales des forces israéliennes. 

Les flottilles sont des actions militantes et pacifiques, qui ne violent aucune loi, mais visent à contester le blocus illégal de Gaza. Ce blocus criminel emprisonne une population civile de plus de 2 millions de personnes, privées de leurs besoins les plus élémentaires et désormais plongées dans le plus grand dénuement après une guerre génocidaire.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces attaques contre des bateaux humanitaires par l’armée israélienne, qui piétinent une nouvelle fois le droit international.

Nous appelons à des rassemblements pour témoigner de notre solidarité envers les flottilles, exiger la libération des personnes arrêtées et revendiquer leur droit à poursuivre leur navigation sans entrave.

La communauté internationale doit, de toute urgence, mettre fin à l’impunité de l’État israélien pour les crimes commis. Seules des sanctions fortes pourront contraindre cet État, qui repousse chaque jour davantage les limites de l’inacceptable, au respect des règles les plus élémentaires du droit international.

Liberté pour la Palestine.

Nous appelons à interpeller les autorités françaises, notamment le ministère des affaires étrangères, et à des rassemblements, partout en France et à Paris, à 18h, place de la République, pour témoigner de notre solidarité envers les flottilles, exiger la libération des personnes arrêtées et revendiquer leur droit à poursuivre leur navigation sans entrave.


Les organisations :
Agir pour la Palestine, Ami.es de Danielle Casanova, Amis des peuples de la Méditerranée (APM), Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami.e.s Contre la Guerre (4ACG), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (ATTAC), CGT FERC Sup, Comité régional CGT Nord-Pas-de-Calais, Confédération Internationale Solidaire Écologiste (CISE), Corsica Palestine, Couserans Palestine (09), Fédération CGT services publics, Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives (FTCR), Fédération du commerce CGT, Fédération syndicale unitaire (FSU), Forum Palestine Citoyenneté, "Inseme a Manca/L'Après", La France insoumise (LFI), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Mouvement de la Paix, Nouveau parti anticapitaliste (NPA-A), Per a Pace, Réseau Coopératif de Gauche Alternative (RCGA), Ship to Gaza France, Syndicat national des journalistes CGT, Unions départementales 59-75-78-93 CGT, Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Union nationale des étudiants de France (UNEF), Union syndicale Solidaires, Urgence Palestine (UP), Thousand Madleens to Gaza (TMTG), Waves of Freedom (WOFF).


Avec Centre Culturel Embarqué,
Et le soutien de :  Secours catholique, Aurdip, Plateforme des ONG françaises pour la Palestine


 

 

 

samedi 16 mai 2026

16 mai 2026 : la chanson du mois, Félix Leclerc

Pas même dans le mal, les hommes ne parviennent à surprendre ou à intriguer leurs semblables. De là l’action bienfaisante des bois, du désert et des étendues marines.

(Alvaro Mutis, La neige de l’amiral, trad. Annie Morvan, S. Messinger, 1989)

 

                    Je l'ai peut-être déjà écrit dans ce blog. Félix Leclerc est passé à la Maison des jeunes et de la culture d'Angers en 1972, et j'ai eu le petit bonheur d'y assister. Parmi les chansons qu'il et je les avais toutes appréciées, d'autant plus que la salle n'était pas très grande et qu'on le voyait et l'entendait de près, il y avait cet hymne au printemps. 

                Et bien d'autres chansons ! J'étais ébloui, je le découvrais, le courant passait et il est toujours là, à vibrer dans mon crâne, comme une invitation au voyage et au bonheur ! J'espère que ça vous plaira aussi. J'en mettrai d'autres.


             

 L'hymne au printemps

 

Les blés sont mûrs et la terre est mouilléeLes grands labours dorment sous la geléeL'oiseau si beau, hier, s'est envoléLa porte est close sur le jardin fanéComme un vieux râteau oubliéSous la neige je vais hivernerPhotos d'enfants qui courent dans les champsSeront mes seules joies pour passer le tempsMes cabanes d'oiseaux sont vidéesLe vent pleure dans ma cheminéeMais dans mon cœur je m'en vais composerL'hymne au printemps pour celle qui m'a quittéQuand mon amie viendra par la rivièreAu mois de mai, après le dur hiverJe sortirai, bras nus, dans la lumièreEt lui dirai le salut de la terreVois, les fleurs ont recommencéDans l'étable crient les nouveau-nésViens voir la vieille barrière rouilléeEndimanchée de toiles d'araignéeLes bourgeons sortent de la mortPapillons ont des manteaux d'orPrès du ruisseau sont alignées les féesEt les crapauds chantent la libertéEt les crapauds chantent la liberté

Félix Leclerc
 
Pour l"écouter :
https://www.youtube.com/watch?v=HcQvS5oKNGo 


 


jeudi 14 mai 2026

15 mai 2026 : les petites histoires de Jipé : 5

 Je suis de ceux qui aiment et non de ceux qui haïssent.

(Sophocle, Antigone, trad. Jean Grosjean, Gallimard, 2011)

 

                    Avant de mourir en 2013 (voir ma page du 6 novembre 2013), Igor m'avait légué son petit ours en peluche avec qui il dormait. Ce petit ourson blanc, très simple, je l'ai conservé depuis 2013 dans un panier, et depuis l'an dernier, je l'ai placé sur mon traversin, entre les deux oreillers. Je l'ai appelé Martin, en souvenir de mon enfance, et aussi de mon ami polonais, dont c'est le prénom. Double souvenir donc, Igor et Martin. Ainsi, je pense plus souvent à eux. Mais aussi à ma grand-mère maternelle, qui fut ma fée du logis. Parce qu'elle m'a raconté un jour l'histoire suivante :je devais avoir six ans, j'étais malade, n'étais pas allé à l'école, j'étais resté au lit et pour me rassurer elle me racontait des histoires, dont celle qui suit. Et qu'elle n'a dite à aucun de mes frères et sœurs.

                Je précise que j'aime beaucoup les oursons en peluche et aussi les ânes en vrai. 

 


l'ourson en peluche d'igor

 

 

Plus d'un âne s'appelle Martin

(légende ?) 

 

Je suis né à la maison. La sage-femme est là, on attend le docteur. On frappe à la porte. Mamie va ouvrir.

― Vous arrivez bien tard, docteur, c’est presque fait. Mais entrez donc vite.

Et elle referme la porte derrière lui, prend son chapeau, le débarrasse de son manteau tout mouillé, et l’emmène à la chambre où Maman gémit. Une seule ampoule centrale éclaire faiblement la scène. Mme Lesage, la sage-femme, s’active et le docteur Berthier la rejoint aussitôt.

― Voyez, docteur, pour un peu, on n’avait pas besoin de vous, dit la sage-femme en souriant. La tête apparaît ; ça ira vite maintenant. Allons, pousse, Jeanne, pousse !”

― Vous avez de l’eau chaude ? demande le toubib, qui avait enfilé des gants de caoutchouc. Mamie, derrière eux, montre la cuvette sur la coiffeuse avec les serviettes toutes propres.

― J’ai d’autre eau qui chauffe à la cuisine, ajoute-t-elle, en femme habituée à ne pas se laisser surprendre.

― Voilà, il vient, le petit bébé, bientôt fini de souffrir, Jeanne, tu vas le voir bientôt, le tenir dans tes bras, le bercer..

Maman, exténuée, pousse un cri, d’un seul coup, le bébé - MOI - surgit en entier :

― C’est un garçon !”, dit ma grand-mère.

― Oui, c’est un garçon, et un beau ; un peu fluet, mais difficile de demander plus, par ces temps de restriction, répond le docteur. Avec l’aide de Mme Lesage, il coupe le cordon et fait un nœud. Le bébé pousse (MOI) un hurlement étrange.

― Et ce cri, vous avez entendu ?, dit le docteur.

Tout le monde a entendu, sauf peut-être maman qui, épuisée, a fermé les yeux. On aurait dit le cri d’un ânon, un véritable hi-han, un braiment de première. Et le bébé (c'est-à-dire MOI) le répète à satiété.

Mme Lesage me pose un instant sur le ventre de maman qui ouvre les yeux et sourit enfin, soulagée, après ces heures de douleur.

― Eh bien, vous pouvez dire qu’il saura braire, murmure le toubib.

En un tournemain, le bébé (toujours MOI) est nettoyé, essuyé, tandis qu’il ne cesse de braire, et remis à mamie qui l’emmaillote et le déposa dans les bras de maman.

― Et comment va-t-on l’appeler, ce petit ânon ? poursuit le docteur.

― Ah, docteur ! chuchote maman, je m’attendais à une fille, j’avais trouvé des tas de prénoms féminins, mais pour un garçon, bernique !

Le docteur sourit : ― Ce n’est pas grave, et de toute façon, on ne pourra pas le déclarer à l’état-civil avant demain matin ; ça vous laissera la soirée et la nuit pour y réfléchir. Et puis, comme il brait très bien, appelez-le Martin, ça lui ira comme un gant ! Ne dit-on pas : il y a plus d'un âne qui s'appelle Martin !

Et c'est comme ça, selon le racontar de mamie, que j'ai failli m'appeler Martin

un bel âne : Charente, août 2025