Nous en sommes maintenant au billet dématérialisé, aux automates dans les halle de gares remplaçant les guichetiers en voie de disparition. Beaucoup moins loquaces, fréquemment hors service, ces robots ont déshumanisé les gares.
(Jean-François Troin, Même pas vieux !, L’Harmattan, 2023)
Décidément, les trains me jouent de sales tours en ce moment !
Fin mai, je rentre de ma rencontre de Ferney-Voltaire où j'ai retrouvé mes enfants et leurs familles, à l'occasion de l'anniversaire de ma petite fille Sasha, 4 ans. Le trajet entre Ferney et Lyon, en TER, se passe bien. A Lyon, je prends le bus jusqu'à Montpellier, où je passe la nuit. Le lendemain, de nouveau le bus jusqu'à Toulouse. Puis, l'après-midi, le TGV de Toulouse à Bordeaux. Arrêt à la gare de Langon, non prévu. Au bout d'un quart d'heure, annonce au haut-parleur : "Une borne incendie à éclaté près de la voie que nous empruntons, entraînant une coulée de boue sur les rails. Nous sommes bloqués ! Pour vous dégourdir les jambes, on va vous ouvrir les portes, car la réparation peut durer longtemps, et distribuer des bouteilles d'eau." Résultat, le TGV ne bouge pas pendant trois heures. Puis il poursuit sa route en empruntant l'autre voie, et met 1 h 20 pour faire le chemin, 45 km parcourus à l'allure des trains du XIXème siècle ! Un TGV devenu TPV (Train à Petite Vitesse) !!!
ce jour-là, j'ai retrouvé un train de l'ancien temps
Fin juin : ma fille me réclame à Londres. J'en profite pour faire un arrêt à Paris pour assister à L'Assemblée générale de mon association de soutien à la Palestine, puis un deuxième arrêt à Amines, pour rendre visite à mon amie Catherine. Le lendemain, j'emprunte le TER Amiens-Lille, d'où je rejoindrai l'Eurostar (le train passant sous la Manche) qui m'emportera jusqu'à Londres. Heureusement que j'avais prévu large. Mon TER est supprimé, je dois prendre le suivant. Résultat, une heure de retard à Lille. J'avais envisagé cette possibilité, j'avais deux heures de battement entre les deux trains. Et mon train international avait une demi-heure de retard !
La veille du retour de Londres, je reçois un SMS signalant que mon Eurostar de retour jusqu'à Lille est supprimé. Affolé, je me fais aider par Lucile et Pierryl, plus aptes que moi à user du smartphone. Les quatre autres Eurostars de la journée sont complets. Ils m'en dégotent un (et font l'échange) pour le lendemain, 6 h du matin, tous les autres affichant aussi complet ; je devrai prendre un taxi pour me rendre à la gare. Mais les enfants me font changer aussi les billets de retour Lille-Paris et Paris-Bordeaux. On trouve un Lille-Paris, mais tous les Paris-Bordeaux affichaient complet aussi. Donc obligation de passer une nuit à Paris, heureusement que j'ai des cousins complaisants, je leur téléphone illico, ils me disent pas de problèmes, merci à eux ! Mais pour le lendemain, tous les trains de la journée étaient complets également. Je dis à Pierryl de m'annuler le billet que j'avais pris avant de partir (la SNCF me le rembourse, incroyable), et je lui dis : "Prends-moi un Flixbus, je rentrerai en autocar". Aussitôt dit aussitôt fait, il y avait de la place dans le Paris-Lisbonne qui faisait escale à Bordeaux !
mais où sont les trains de mon enfance ?
Résultat des courses : je suis rentré avec deux jours de retard. Mais mon séjour londonien a été prolongé d'une journée. J'en ai profité pour baguenauder au centre ville, le long de la Tamise, et revoir la National gallery, où j'ai vu les salles des impressionnistes, des peintres vénitiens et admirer Turner. Heureusement que j'ai eu Lucile et Pierryl pour m'aider à faire tous ces échanges de billets ! Je leur dois un grand merci.
et je pensais à Mathieu et à son petit train en bois
Revenu ici, j'en ai parlé à des voisins qui m'ont dit : "Qu'est-ce que tu t'emmerdes à aller là-bas comme ça ? Prends l'avion, c'est plus rapide, et tellement simple !" Oui, mais c'est compliqué, l'avion Bordeaux-Paris atterrit à 70 km de Londres, et puis, écologiquement, c'est pas idéal : dans ce cas, pourquoi ne pas aller aussi en avion à Paris ou à Lyon ??? Avec le train, j'arrive au centre de Londres, d'où un métro direct m'emmène chez ma fille. Et vu les ennuis que j'ai eus avec l'Eurostar, je me demande si une prochaine fois, je ne tenterai pas plutôt le ferry qui traverse la Manche, comme à l'époque de mes premiers voyages en Angleterre, au début des années 70 ! Voilà qui me rajeunirait !!!




