mercredi 28 novembre 2018

28 novembre 2018 : Madagascar 3 : routes, fleuves, pistes, chant et danse



Voyager, c’est, de même qu’étudier, faire un long bail avec la jeunesse. Il n’existe pas, je crois, de plus efficace fontaine de jouvence que ces deux choses combinées : voyage et activité intellectuelle.
(Alexandra David-Néel, Lettre du 4 mai 1919, Journal de voyage, lettres à son mari, 14 juillet 1918- 31 décembre 1940, Pocket, 1988)


notre voiture devant l'hôtel à Tananarive 
Radu sur le toit, Jean-Michel, président de l'Association,
Patricia et Bernard derrière
(cliché M. Vidal)
Après ces quelques jours à Mantasoa, nous sommes partis pour Antananarivo (Tananarive), toujours avec la même voiture, une Hyundai qui nous contient tous, avec nos bagages sur la galerie, et le même chauffeur-guide, Radu, fort sympathique. Paysage de collines et montagnes, parfois pelées, avec rizières en fond de vallées ou en terrasses : nous sommes dans les Hautes Terres, partie centrale du pays, la plus peuplée et sans doute la plus marquée par la colonisation : on sait bien qu'il faut diviser pour régner et on s'est appuyé sur les Mérinas, ethnie de la région, la plus nettement occidentalisée. Impossible de faire de la vitesse sur ces routes à trous non rebouchés et qui obligent le chauffeur à slalomer quand la circulation est faible ou à ralentir brusquement quand il ne peut éviter un trou.

terrasses, en vert clair, une rizière
  
Arrêt pour croiser la mission du Dr Froye qui arrive avec toute une équipe : ils doivent faire la visite médicale des enfants de l’école Emmanuel de Mantasoa. Une des nombreuses associations humanitaires qu’on a croisées pendant le séjour. 

devant les ateliers, des objets décoratifs : hérons, phare
 
Avant d’arriver à Tananarive, arrêt aux ateliers Dieudonné et Violette qui occupe de nombreux autochtones au travail de la ferronnerie et du métal pour fabriquer toutes sortes d’objets utiles et/ou décoratifs : chaises, lampes, baobabs, tortues, lézards, oiseaux... C’est un phalanstère humanitaire qui occupe d’anciens sans abri, des handicapés, des mendiants, des mères célibataires, les exclus de la société en quelque sorte. Jardins à proximité, création d’une école pour les enfants. Magnifique exemple de ce que peuvent faire des humanistes sociaux et solidaires.

Tananarive, vue sur une colline de la terrasse de l'hôtel
les petits toits triangulaires au centre de l'image : marché couvert

Puis soirée à Tananarive. Ville tentaculaire qui s’étage sur de nombreuses collines avec un lac central, extrêmement polluée par une trop intense circulation sur des rues étroites et tortueuses (en fin de séjour, nous avons mis une heure pour y faire 8 km), grouillante de monde et de pauvreté, au marché démesuré. Ça donne peu envie de sortir le soir. Dès le lendemain, nous parions vers Antsirabé.

la fonderie : achèvement de fabrication d'une petite bassine

Route montagneuse et difficile (160 km en cinq heures). On passe non loin de sommets à plus de 2400 m. Petit arrêt dans une autre fonderie où l’on recycle l’aluminium pour en faire des petits objets utiles (bassines de cuisson, casseroles…) ou décoratifs pour les touristes : encore un autre style de phalanstère. Les enfants tout petits sont près de leurs mères, un enclos à cochons.

autre aspect : la cour de la fonderie, avec les poules

Antsirabé, où nous reviendrons en fin de parcours, ne fut qu’une étape. Décidément, les grandes villes du pays sont difficiles à vivre et je préférerais la campagne ; foule d’une densité incroyable, avec une mendicité phénoménale (rançon du tourisme ?), une quantité incroyables de pousse-pousse et de vélos-taxis, le harcèlement de vendeurs de toutes sortes (colliers de pacotille, cartes postales artisanales, tee-shirts, nappes brodées, petits objets…). Nous mangeons à l’Impérial, restaurant "chinois" où nous mangeons du zébu (très cuit) avec du riz, avant d’être plongé dans le noir par un délestage d’électricité de l’ensemble du quartier.

coucher de soleil sur Antsirabé

Le lendemain matin, départ pour Miandrivazao. Paysage désolé, aride. Grande pauvreté des villages, montagnes quasi désertes et très grosse chaleur. Miandivazao, près du fleuve Tsiribihine, est une bourgade où nous flânons après la sieste. Le soir, au restaurant La pirogue, je découvre l’excellente romazada de zébu aux brèdes (feuilles de diverses plantes), sorte de ragoût traditionnel accompagné de riz.

embarcadère, les bateaux qui vont partir en convoi

Puis Radu nous amène (nous ne le verrons plus) à l’embarcadère jusqu’au fleuve Tsiribihine, qui peut faire 3 ou 4 km de large à la saison des pluies, mais dont le niveau est bas en fin de saison sèche : notre bateau, le Mirama (du nom de la fille du propriétaire, qui sera notre merveilleuse cuisinière pendant les deux jours et demi de parcours) touchera le fond sablonneux à plusieurs reprises et deux des timoniers (dont le sympathique Bonnah) devront descendre dans le lit du fleuve pour pousser et le désensabler… On va naviguer en convoi de quatre barges, un militaire avec kalach étant dans un des bateaux pour nous sécuriser (risque d’attaque de "dahalo", bandits de grand chemin). L’eau, très limoneuse, ne permet pas toujours de voir les bancs de sable et le timonier navigue au jugé en zigzag.

les "gorges" au fond

dans les gorges, une rive

Bennah (cliché M. Vidal)

le militaire discute avec les villageois
Magnifique parcours sur le fleuve à travers la montagne de calcaire et de grès (gorges de Bemaraha) puis dans la pénéplaine qui suit. Bivouacs sur les plages (l’équipage, qui comprend cinq personnes, Mirama et son neveu Jocelyn,aide-cuisinier, et trois timoniers, dort à bord), c’est là que j’ai le mieux dormi. Observation d’oiseaux : aigrettes, hérons, corbeaux-pies, goélands, de chauves-souris, de lémuriens lors de l’arrêt à la cascade où nous prenons une douche (sans doute impossible à la saison des pluies, mais là, ce n’était guère qu’un filet d’eau), de beaux arbres (dont nos premiers baobabs), de fleurs, de chaumières, de femmes à la lessive et d’enfants à la baignade, de pirogues de pêcheurs ou de transport de marchandises et de barges transportant marchandises et voyageurs, de zébus venant boire… Baignade des quatre hommes du groupe dans le fleuve au petit matin. Visite d’un village situé un peu en hauteur à 500 m du fleuve. Une pompe y est installée : l’eau est un gros problème ici.

baignade sous la cascade

le fleuve paisible

bain dans le fleuve (cliché M. Vidal)

le bivouac (cliché M. Vidal)
 
la pompe du village
 
Un léger zéphyr permet de supporter la chaleur. Soirées magnifiques : le premier soir, après le repas, je demande à Mirama de chanter. Elle appelle tout son équipage, et c’est la fiesta très arrosée de rhum (punch aux fruits préparé par Bernard, un des membres du groupe) accompagnée de chants malgaches et même de quelques chansons françaises, le jeune Jocelyn jouant parfois de la guitare ou des percussions. Le deuxième soir, toujours au bivouac, mais cette fois, dehors, autour d’un feu de camp, un vieux musicien avec sa guitare accompagné par un pré-adolescent (son petit-fils ?) et son djembé et d’un groupe de jeunes danseurs villageois ! Magnifique sous la nuit étoilée. Et un bon pourboire...

la soirée chant (cliché M. Vidal)

Jocelyn à la guitare (cliché M. Vidal)

la danse autour du feu (cliché M. Vidal)


on se quitte non sans émotion :
l'équipage reçoit un tee-shirt du Gers
Nous débarquons vers 12 h 30, trouvons nos 4/4 (cette fois le groupe se scinde en deux (Jean-Michel, Bernard et Patricia / René, Marinette et moi), nous partons en convoi sécurisé d’une douzaine de 4/4 (un militaire à l’avant, un à l’arrière) pour trois heures de pistes très éprouvantes jusqu’à Bekopaka, où un bac nous fait traverser la rivière. Lors d’une pause, je fais connaissance avec deux Taïwanais, un couple de l’Aisne, des Polonais, des Belges, un groupe de six Lithuaniens… La mondialisation est en marche !

à l'avant du navire touchant le fond
Bennah le dégage à la perche

À suivre.

mardi 27 novembre 2018

27 novembre 2018 : Madagascar 2 : l'humanité en marche

Très important le pourboire, frère, c’est ton respect, ta dignité, ta survie.
(Dany Laferrière, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, Le Serpent à plumes, 2000)


 
drapeau de Madagascar

C’était pourtant bien mal parti. Dans l’autocar vers Paris, j’ai eu le malheur de signaler à une passagère avec qui je sympathisais que je partais à Madagascar. À la pause autoroutière qui a suivi, un des voyageurs m’entreprend. Grand, l’air sportif, un visage de loup aux dents longues : « Vous allez à Madagascar ? Je viens d’y passer quatre ans, vous allez pas être déçu ! J’ai mis en place le recrutement et la formation de 7000 personnes pour le service clients de plates-formes téléphoniques (opérateurs internet, box, voyages…). On délocalise là-bas parce que le Maroc et la Tunisie sont devenus trop chers (!!!) Eh ben, les gars là-bas, c’est pas du gâteau : de sacrés feignasses ! Heureusement que j’avais mes week-ends et la plage ! » Je lui réponds du tac au tac : « J’y vais avec une association humanitaire, pas pour faire du pognon, et la plage, je m’en fous, y en a en France, pas besoin d'aller là-bas ! » Et je lui tourne le dos, j’avais pas envie qu’il me gâche mon départ. Pas la première fois que je rencontre un de ces expats qui partent là-bas pour s’enrichir et qui reviennent ardemment racistes : encore un qui devait donner des pourboires irrespectueux et indignes. Le néo-colonialisme, avec ses relents de paternalisme condescendant, a de beaux jours devant lui.

Neive, notre correspondant local et organisateur du voyage
(cliché M. Vidal)

Ceci étant dit, qu’ai-je vu à Madagascar ? Tout d’abord, la partie humanitaire de notre voyage. Nous avons passé quatre jours à Mantasoa (70 km au sud de Tananarive) pour voir les résultats de notre action : la troisième tranche de la rénovation du Centre de santé de base (CSB) N°II est achevée. Ont déjà été rénovés le bâtiment où le docteur, le dentiste et l’infirmière reçoivent les patients, le bâtiment maternité-hôpital (une douzaine de lits), les sanitaires, la maison des familles (où les parents des malades hospitalisés et des accouchées préparent les repas de leurs patients) ; il ne reste en dernière tranche qu’à rénover le bâtiment contenant le logement des personnels soignants, qui fera l’objet de notre prochain financement. Nous nous sommes longuement entretenus avec l’entrepreneur (c’est lui qui a organisé notre voyage dans les moindres détails), avec le docteur Hery, avec Mme le Maire de Mantasoa. Et le CSB2 a été officiellement inauguré sous le nom d’Anne-Marie Turon (mon ancienne collègue d'Auch, qui a initié l'affaire), une plaque a été déposée à cet effet. Les fonds que nous apportons viennent d’une fondation (Engagés solidaires) et d’une ONG (Pharmaciens sans frontières) ; bien entendu, nous devions constituer un dossier solide pour les obtenir et donc avoir sur place des correspondants de confiance.

la maison des familles du CSB 2
(cliché M. Vidal)

réunion dans le cabinet du Dr Hery
(cliché M. Vidal)

plaque apposée sur le centre
(cliché M. Vidal)

Parallèlement, nous nous sommes baladés dans la commune, avons vu des rizières, des brûlis aussi (une des plaies de Madagascar, le brûlis sert de débroussailleur), avons fait une promenade en bateau sur le lac pour visiter la petite île de Nosy Soa, transformée en réserve naturelle, où l’on a pu voir des tortues, des serpents, des caméléons, des makis et des lémuriens. Bien entendu, représentant l’Association des Amis de Jean Laborde, nous sommes allés sur ses pas. Ce Gascon, natif d’Auch en 1810, s’est installé à Madagascar où il a, entre autres, créé une petite cité industrielle. Nous avons visité les restes de la fonderie, sa maison transformée en modeste musée, la piscine intitulée Bain de la reine (dont il fut l’amant). Dommage qu’il n’ait pas trouvé son Dumas pour en faire un héros de roman, il serait aussi célèbre que D’Artagnan !

un brûlis
(cliché M. Vidal)

la groupe devant la maison-musée de Jean Laborde
(cliché M. Vidal)

le bain de la Reine (à sec)
(cliché M. Vidal)

Enfin, nous nous sommes intéressés aux établissements scolaires. Nous avons pu visiter l’école communale d’Anjozoro sous la houlette de l’ancienne institutrice qu’accompagnait son fils d’une trentaine d’années, Lala. L’école est en piteux état, avec ses classes de 60 et 75 élèves : qui peut avoir envie d’enseigner dans de telles conditions ? La mairie d’Auch y a fait amener l’adduction d’eau, et le robinet marche toujours. Mais les enfants doivent payer l’écolage, et on comprend que la population scolarisée ne dépasse guère les 40 %.

la pompe apportant l'eau à l'école d'Anjozoro
don de la ville d'Auch, sur la suggestion d'Anne-Marie Turon
(cliché M. Vidal)

une salle de classe de cette école (la moins abîmée)
(cliché M. Vidal)

Par opposition, l’école privée Emmanuel, dirigée d’une poigne de fer par Odile Meseguer, est splendide avec ses classes propres, sa bibliothèque-salle d’informatique (un jeune homme s’en occupe), va de la maternelle à la cinquième. Les enfants ont chanté pour nous (La petite est comme l’eau), d’autres ont dansé dans la cour. "Madame Odile" (comme on la surnomme) est une forte personnalité : elle a quitté le couvent avant de faire ses vœux définitifs, ayant ressenti la vocation de s’occuper d’enfants. Elle a alors rencontre son mari, Julien Meseguer, militaire français à la retraite et ils ont fondé ensemble cette école il y a vingt ans. Ils l’ont bâtie petit à petit, ont engagé maçons et jardiniers qui veillent au bon état des lieux. Les enfants sont presque tous parrainés par une association de Béziers : https://www.facebook.com/associationemmanuelmantasoa/. Patricia, qui fait partie de notre groupe, a pu embrasser la fillette qu’elle marraine. Les enfants les plus déshérités sont nourris à midi par l’école. Nous avons mangé chez Madame Odile, qui peut recevoir des visiteurs. Depuis son veuvage, elle continue l’œuvre commune et envisage de construire les classes de 4ème et de 3ème.

aperçu de l'école Emmanuel : la bibliothèque et les salles de classe de 6ème et 5ème
(cliché M. Vidal)
la bibliothèque-salle d'informatique
(cliché M. Vidal)

la pimpante salle de maternelle
(cliché M. Vidal)

Les balades dans les différents hameaux (car Mantasoa est une commune rurale, accessible seulement par des pistes) nous ont fait prendre conscience de la pauvreté générale. Toutefois, à la différence des villes, la solidarité villageoise y rend la vie plus facile. Néanmoins, l’argent est rare, et les guides (Maison de Jean Laborde, ancienne cité industrielle, Nosy Soa) méritaient qu’on n’oublie pas de leur donner un bon pourboire. Le riz est ici l’alimentation de base, souvent plat unique, à quoi s’ajoutent des légumes et des fruits, du poisson pêché dans le lac, des œufs (il y a des poules en liberté partout). La viande semble plus rare.

le tombeau de Jean Laborde à Mantasoa
(cliché M. Vidal)

en promenade sur le lac
(cliché M. Vidal)

Nous étions logés à l’Ermitage, grand hôtel qui surplombe le lac, et qui ressemble à un grand chalet suisse. Les premiers cas de dérangement gastrique et intestinal se sont produits là chez quelques membres du groupe. Je n’ai eu qu’une petite nausée due probablement au café ingurgité le matin et à la chaleur : j’ai pris du thé à dater de ce jour et n’ai plus jamais eu de malaise. Pourtant, on y a très bien mangé.

L'Ermitage : hôtel pour touristes et classe moyenne supérieure du pays
(cliché M. Vidal)

Nosy Soa : les lémuriens me prennent en affection
(cliché M. Vidal)
et le serpent aussi
(cliché M. Vidal)

Bref, ces belles journées du début, très émouvantes, m’ont fait oublier l’horrible olibrius rencontré dans le car ! Et je n’ai trouvé "feignasses" ni les institutrices, ni les paysans dans les rizières (malgré la chaleur), ni les lavandières à la rivière, ni les autres travailleurs en plein air, ni les pêcheurs sur le lac, ni les portefaix, ni les tireurs de charrettes à bras, ni les gardiens de zébus, ni les femmes à famille nombreuse, ni le docteur et l'infirmière, ni les serveurs et femmes de chambre de l’hôtel, ni les enfants des écoles… 

NB : dommage que, par suite d'une fausse manœuvre, j'ai perdu toutes mes photos de ces jours-là. Mais j'ai celles de la suite. Je remercie donc Marinette pour m'avoir envoyé les siennes. 





lundi 26 novembre 2018

26 novembre 2018 : Madagascar 1 : j'y suis toujours




Jésus disait : Si vous avez de l’argent, ne le prêtez pas avec intérêt, mais donnez-le à celui dont vous ne recevrez rien en retour.
(Évangile de Thomas, logion 95, trad. Jean-Yves Leloup, Albin Michel, 2016)


transport en commun (en ville) : le taxi-vélo, appelé aussi pousse-pousse
 
À vrai dire, je ne suis pas tout à fait revenu de Madagascar. 

poissons cuisinés
 
Le voyage a été tellement plein (il est tant de voyages creux…), copieux, chaleureux, riche de rencontres humaines et paysagères, tellement éloigné de nos petites préoccupations et mesquineries franco-occidentales, propice aussi à enrichir ma vie intérieure, que j’ai bien de la peine à remettre les pieds sur terre et mes pendules à l’heure. Donc, peu de mots aujourd’hui, quelques images.

pirogue sur le fleuve

D’abord on est frappé par la quantité d’enfants : 50 % de la population a moins de quinze ans et les familles nombreuses sont toujours fréquentes. Par le déboisement massif qui entraînera un jour la désertification (ça a commencé). Par la majesté des arbres et de leur roi, le baobab. Par l’inventivité de la population qui ne laisse rien perdre et recycle tout. Par la grande pauvreté qui n’empêche pas le sourire. Par la faiblesse des services publics, flagrante dans l’éducation et la santé (va falloir se battre ici même en France pour maintenir les nôtres en bon état). Par les somptueuses villas entourées de hauts murs surmontés de rouleaux de barbelés, symptôme de l’accaparement de la richesse par quelques profiteurs. Par les poules qui courent partout. Par l’absence quasi complète d’oiseaux et d’animaux sauvages (conséquence de la déforestation). Par les innombrables piétons et, moins nombreux, les cyclistes. Par l'emploi de la force humaine pour tracter : pousse-pousse, charrette à bras... Par l’éclat de la lumière : comment font-ils pour résister, la plupart, sans chapeaux ni lunettes de soleil ?

deux petites filles

Bien sûr, on peut venir ici pour faire du tourisme sportif (maritime : plongée, pêche, surf et sports nautiques ; terrestre : randonnée, moto), j’étais venu pour autre chose. Voir comment on vit, comment on peut aider sans rien attendre en retour (aspect humanitaire de notre séjour), pour ouvrir les yeux sur autre chose que notre société du confort et de la consommation (et j’ai été largement servi), pour m’éprouver et peut-être retrouver le jeune homme que je fus un jour (qui se croyait pur, lumineux et combatif) en essayant de mesurer le temps passé...

transport en commun : le taxi-brousse sur les routes et les pistes

Dans les prochains jours, je vais essayer de détailler un peu, en attendant de mettre au propre mes notes de voyage.

l'Allée des baobabs près de Morondava : coucher de soleil

À suivre...

un lémurien