samedi 18 juillet 2026

18 juillet 2026: la chanson du mois, Jeanne Moreau

Shakespeare, c’est cela : il faut creuser son âme pour espérer de belles profondeurs, il faut fortifier la berge de ses lèvres et les quais de ses mâchoires pour que des supertankers de mots manœuvrent et profitent de leur erre pour faire escale et décharger leurs soutes pleines de sens.

(Philippe Torreton, Thank you, Shakespeare, Flammarion, 2016)

                    Eh bien, ce que Torreton  dit de Shakespeare, peut se dire aussi de beaucoup de chansons : ainsi les chansons de Rezvani atteignent souvent de belles profondeurs, touchent l'âme et leurs mots apportent du sens. Et quand elles sont chantées par Jeanne Moreau la magnifique, on est troublé, on se comprend soi-même mieux et l'envie nous prend de chanter aussi.


 ADIEU MA VIE

Adieu ma vie, je fais la belle
Adieu ma vie et ses tracas
Moi, je me tire pour toujours
J'ai rencontré le grand amour
Et je n' veux pas, et je n' veux pas
Le mélanger à mon passé
À mes ennuis de chaque jour
Pour cette fois, vous n' m'aurez pas

Adieu ma vie toute en dentelle
À l'ombre de la tour Eiffel
Adieu ma vie, j' me r'tourne pas
J' n'ai pas un seul regret pour toi
Je t'aimais pas, je t'aimais pas
J'ai rencontré le grand amour
Et je me tire à tout jamais
Sans le moindre regret pour toi

Adieu ma vie tracée d'avance
Ce petit ch'min qui va tout droit
À moi les horizons immenses
Respirer en ouvrant les bras
Pouvoir chanter, pouvoir chanter
Aimer sans plus penser à rien
Sans lendemain, sans aucun lien
D'un jour à l'autre, tout comme ça vient

Adieu ma vie, je fais la belle
Adieu ma vie et ses tracas
Moi, je me tire pour toujours
J'ai rencontré le grand amour
Et je n' veux pas, et je n' veux pas
Le mélanger à mon passé
À mes ennuis de chaque jour

Pour cette fois, vous n' m'aurez pas !  

Pour l'écouter : 

https://www.youtube.com/watch?v=iCVqb_EocdI 

dimanche 5 juillet 2026

5 juillet 2026 : le poème du mois, Nerval

 nous sommes seuls à être ce que nous sommes, et à vivre ce que nous vivons…

(Bernard Chambaz, Petite philosophie du vélo, Milan, 2008)

                      

                    Après ma nouvelle pérégrination (Paris - Amiens - Londres) qui m'a permis de revoir famille et amie, et de m'attarder plus que prévu, car un train annulé et pour le trajet de retour Bordeaux-Paris, tous les trains étaient complets, et j'ai dû faire le parcours en bus, je me suis rappelé de ce poème de Nerval qui, certes, parle de voyage lent également, mais où il y avait des compensations : flâner aux arrêts, s'écouter vivre, s'enivrer de l'odeur du foin, prendre le temps de regarder le ciel...

                    On est loin de nos modernes machines, rapides mais qui ressemblent plus à des fabriques de déplacements qu'à de voyage en vie réelle. Bon, j'ai survécu, je suis bien rentré. Mais j'ai pensé à Ulysse et à son voyage de retour qui a duré dix années, remplies  de risques, d'aventures, de rencontres, d'amitié et d'amour. Et j'ai rêvé...

         

                    Le relais

En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;
Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,
Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,
L’œil fatigué de voir et le corps engourdi.

Et voici tout à coup, silencieuse et verte,
Une vallée humide et de lilas couverte,
Un ruisseau qui murmure entre les peupliers,
Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !

On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre,
De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre,
Et sans penser à rien on regarde les cieux…
Hélas ! une voix crie : "En voiture, messieurs !"

                 Gérard de Nerval



                            

 



 

samedi 4 juillet 2026

4 juillet 2026 : pour la Palestine, encore

 

Je sais bien des étudiants aux yeux fatigués qui grandiraient plus vite tant sur le plan intellectuel que physique si, au lieu de veiller si tard, ils dormaient tout leur saoul. 

(Henry David Thoreau, De la marche, trad. Thierry Gillebeuf, 1001 nuits, 2009)

                       

                        Je reviens de Paris (et d'Amiens, et de Londres). 

                  J'ai assisté à Paris à l'Assemblée générale de l'association de soutien à la la Palestine EUROPALESTINE, qui existe encore, encore, malgré les menaces de dissolution de notre indigne gouvernement, pour qui soutenir la Palestine est maintenant considérer comme une "apologie du terrorisme" et que de nombreux militants y sont mis en examen à ce titre. Mais enfin, pour le moment, on peut encore clamer notre soutien !


                     Je ne me prive donc pas de le faire, en vous renvoyant à un texte nouvellement sur sur le site bruxelles-pantheres, car les Français ne sont pas les seuls à protester ! Nos amis belges aussi.

                    Lire le texte, assez long, ici :  https://bruxelles-pantheres.be/?p=6835