samedi 31 juillet 2021

31 juillet 2021 : covid, impair et passe

 

C’est un travail d’être porté longtemps, d’autant plus fatigant peut-être que la nature y répugne, car elle nous a donné des jambes pour marcher, comme des yeux pour voir par nous-mêmes. C’est la mollesse qui nous condamne à lé débilité. À force de ne plus vouloir, on finit par ne plus pouvoir.

(Sénèque, Éloge de l’oisiveté, trad. Joseph Baillard, Mille et une nuits, 2015)



Et la vie continue. Malgré l’aspect désagréable de cet été, d’où la chaleur est globalement absente, et les pluies un peu trop fréquentes à mon goût, ce qui me rappelle mes années d’étudiant d’où j’avais conclu et dit à mes parents : « Je ne travaillerais jamais à Bordeaux, il pleut tout le temps ! » Et j'ai tenu parole... Résultat de ce temps : je n’aurai pas roulé 100 km à vélo à Bordeaux ce mois-ci, contre 513 an avril et 216 en mai, où les mauvais jours ont commencé (je n’en avais presque pas fait en juin, suite à ma chute). 

J’ai pourtant accueilli jeudi soir un cyclo-randonneur vendéen de 37 ans, Sébastien, qui vit en Guyane, où il est professeur d’électro-technique en lycée professionnel à Saint-Laurent du Maroni ; Il travaillait auparavant chez Getelec en France, en Guadeloupe et en Guyane. Nous eûmes donc plaisir à évoquer la Guadeloupe et l’outre-mer, et je dois dire qu’il m’a furieusement donné envie découvrir la Guyane... si je reprends un jour un avion longue distance ou, pourquoi pas, en cargo ou sur un voilier : il m’a mis l’eau à la bouche !

Il n’est pas facile d'avoir une conversation en ce moment. Impossible d’émettre des réserves sur la politique gouvernementale et surtout sur le fameux "passe" (le mot existe en français, y en a marre qu’on choisisse toujours un anglicisme) sanitaire sans être traité d’abruti, d’ignare, de primitif, de conspirationniste et j’en passe. Il est vrai que naguère, on me traitait d’islamo-gauchiste parce que j’osais émettre pareillement des réserves sur les caricatures de Charlie et en particulier sur la pertinence d’en faire une utilisation en classe (je n’ai pas changé d’avis), et plus anciennement on m’avait traité de bolchevik parce que j’étais très critique sur le capitalisme, ce que je suis encore aujourd’hui.


                                                                Est-ce que je lui ressemble ?

Constatons ceci sur le nombre de décès en France (incluant Mayotte): chiffres officiels de l’INSEE vérifiables sur son site :

https://www.insee.fr/fr/statistiques/serie/001641592

2017     606 294

2018     609 648

2019     613 243

2020     669 000

Je constate que la différence est de 56 000 et assez loin, si je me souviens bien, des 80 ou 90 000 morts annoncés à la fin de l’an dernier et au début de cette année par les chaînes en continu dans leur politique de la peur, toujours vivace aujourd’hui. Certes, c’est beaucoup trop !

"la peur a remplacé la confiance. Quelque chose aurait-il changé ? On se plaît souvent à raconter comment, autrefois, dans les villes et les villages, les maisons restaient ouvertes : qui pourrait, aujourd’hui, envisager de ne pas fermer sa porte à double tour en sortant de chez soi ?" (Emmanuel Delessert, Oser faire confiance, Desclée de Brouwer, 2020). Va-t-on devoir montrer un passe sanitaire pour sortir de chez soi ? La politique de la peur a entraîné une méfiance envers le gouvernement (cf le faible vote aux dernières élections) et les principaux médias d’information télévisée et de presse écrite. Pas étonnant que de nombreux quidams recherchent des infos ailleurs et fassent leurs choux gras de tout ce qui circule sur les réseaux sociaux, y compris les fameuses "fausses nouvelles" (parlons français, que diable). Et que certains restent réticents à se faire vacciner ! Encore que les manifestants du samedi comprennent aussi des gens qui sont opposés au passe sanitaire et non pas à la vaccination : ce qui n'est pas la même chose. Et que la répression violente que subissent les manifestants (destinée à museler toute opposition) ne va pas les faire changer d’opinion.


 

lundi 19 juillet 2021

19 juillet 2021 : protestation d'un protestant

 


Alors à la question « qu’est-ce que le soin » de mon examen d’infirmière, je répondrai aujourd’hui sans hésiter : l’écoute. Le temps de l’écoute. Tout le reste n’est qu’une question de technique et de pratique.

(Michèle Gazier, Les passantes, Seuil,2020)



Eh oui, je ne sais de qui Macron est à l’écoute : en bon autocrate, il fait ses annonces seul et celles du 12 juillet (et jours suivants) ne sont pas à piquer des hannetons ! Et tant pis si on manque de recul sur les vaccins anti-covid, dont la phase d’évaluation n’est pas achevée et pour lesquels la population dans son ensemble fait figure de cobaye. Ne pouvait-on pas attendre ? Ne pas oublier les effets secondaires, et les 10 000 décès recensés en Europe suite à des vaccinations (1).

De toute façon, le pass vaccinal ne me semble pas avoir beaucoup de sens : si le vaccin est si génial, pourquoi doit-on encore garder des masques, ne plus embrasser ses enfants, ou quand on va au restaurant ou dans les lieux culturels, on aurait besoin que les autres soient vaccinés puisqu’on est protégé ? On peut avoir foi dans ce le vaccin anti-Covid, et penser de bonne foi qu’il nous protègera. Ça n’empêche pas d’être, comme moi, opposé à la vaccination contraignante et obligatoire. Surtout quand on voit qu'on va obliger de modestes cafetiers, restaurateurs et directeurs de cinémas se muer en garde-chiourmes du pouvoir : comme si c"tait leur métier ! Que les policiers et autres pandores fassent leur boulot de contrôle plutôt que d'éborgner des gens, de leur lancer des grenades offensives, de les inonder avec des canons à eau  (comme si l'eau était une denrée inépuisable et si elle ne manquait pas à des millions de gens, de par le monde, comme j'ai pu le voie à Madagascar).

Ne pourrait-on pas tout simplement attendre ? Accepter sans broncher cette obligation, c’est dire oui aux suivantes qui ne vont pas manquer de nous tomber dessus. Il suffit de baisser une fois l’échine pour finir complètement à genoux. J’entends, çà et là, « Mais enfin, ne plus aller au restaurant, ne plus rentrer dans les supermarchés, ne plus prendre de train longue-distance, ne plus aller à l’étranger… comment je vais faire ? Je n’ai pas le choix ! » Eh oui, on n’a pas le choix si on se laisse faire ; c’est d’ailleurs pour cela que je me suis fait vacciner, parce que j’espère aller à Venise en septembre. Mais à mon avis, c’est maintenant qu’il faut protester (le huguenot qui est en moi se souvient des persécutions de ses ancêtres) et dire non avant que le projet de loi scélérate soit voté ! La menace déjà grave et lourde pourrait s’aggraver encore.

                dessin d'un enfant palestinien exprimant sa terreur devant l'oppression israélienne

"N’attendons pas que les blindés s’arrêtent devant chez nous et nous enchaînent. N’attendons pas que les policiers munis de matraques sonnent à nos portes pour nous tabasser. N’attendons pas que l’on nous passe les menottes et nous conduise au poste. N’attendons pas que nos amis, notre famille, ne puissent plus nous défendre… et nous rejoignent en prison » dit un commentateur.

Ne laissons pas arriver une sorte d’apartheid qui verrait les gens bien (les vaccinés), les obéissants accéder de plein droit à la société du loisir et du spectacle, et les perdants (les non vaccinés) devenir marginaux : ceux sans smartphone (ce qui est mon cas), ceux suspectés d’être des arriérés, des tarés (les antivax systématiques), des complotistes, des réactionnaires, des irresponsables, des empêcheurs de laisser les nantis se faire des dividendes sur le dos de nos impôts. Et en fin de compte nous affamer, nous les réfractaires (perdre nos emplois, payer des amendes énormes) ! Avec l’interdiction qui est faite aux non-vaccinés de pénétrer dans certains lieux ou de recourir à certains services, comme les transports, on se croirait revenu au régime d’apartheid en Afrique du Sud, où l’on était privé de possibilités en fonction de sa couleur de peau… Eh bien là, ce sera en fonction de son pass sanitaire.

Je n’insiste pas sur les intérêts juteux pour l’industrie pharmaceutique, ni du poids que cela va faire peser sur les budgets des ménages modestes, obligés de faire leurs courses dans les petits commerces, obligés bientôt de payer les fameux tests. De ne plus pouvoir aller boire un café au bistrot pour se détendre, ni d'emmener leur progéniture au cinéma ou au cirque.

Heureusement pour nous, il reste un mince espoir que le Conseil Constitutionnel retoque ces décisions, ou les allège. Notre démocratie va être ainsi mise à l’épreuve.

N'oublions pas que nous avons pour nous d’autres lois, moins scélérates, issues de le Déclaration des droits de l'homme, du côté international et français. Le Code de Nuremberg (1947) déclare que pour tout acte médical, "le consentement du sujet humain est absolument essentiel (2)". Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, datant de de 1966 (3), stipule que "nul ne peut être soumis sans son consentement à une expérience médicale ou scientifique" (et effectivement nous faisons partie d'une expérience à grande échelle). Et la loi Kouchner du 4 mars 2002 dit, dans son article 11-4 que "toute personne prend avec le professionnel de santé et compte tenu des informations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé. Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. Si la volonté de la personne de refuser ou d’interrompre un traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre d’accepter les soins indispensables. Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment (4)".

Autant dire que rien n’est encore perdu. Protestons, alertons nos députés qu’on ne votera plus pour eux, manifestons tant que la loi nous l’autorise encore, et restons vigilants ! Et merci à ceux, toubibs ou non, qui m'ont aidé à rédiger ce texte.


(1) https://www.eutimes.net/2021/05/massacre-more-than-10000-europeans-killed-by-covid-19-vaccines-according-to-official-eu-data/

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_Nuremberg

(3) https://www.ohchr.org/fr/professionalinterest/pages/ccpr.aspx

(4) https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041721056/

jeudi 15 juillet 2021

15 juillet 2021 : 45 000 €

 

Ceux qui peuvent renoncer à la liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité temporaire, ne méritent ni la liberté ni la sécurité.

Benjamin Franklin, Lettre au gouverneur de Pennsylvanie, 1755)


dessin de Karak

Nous voici à la croisée des chemins. Les annonces du président, outre qu’elles contredisent ce qu’il a dit précédemment, en novembre 2020 notamment, ne sont pas faites pour clarifier la situation. Personnellement, je ne suis pas "antivax", je me suis fait vacciner. Mais je supporte mal cette politique d’injonctions, calquée sur la peur inoculée par la télé à sensation (notamment les chaînes en continu, mais pas que) et propulsée par ceux qui ont encore la faiblesse de lire la presse quotidienne (la presque totalité est inféodée aux puissances d’argent) ou hebdomadaire (même topo) : nous sommes sous "le ministère de la peur", pour reprendre un titre popularisé par Graham Greene, auteur de qualité presque oublié aujourd’hui. 


dessin de Karak 

Ah, on peut rééditer le 1984 d’Orwell ! Non content d’imposer la vaccination obligatoire à une population servant de cobaye avec des produits dont les essais cliniques sont loin d’être achevés (mais que ne ferait-on pas pour faire gagner de l’argent facile aux gros labos et à leurs actionnaires ?), le gouvernement inflige des sanctions à ceux qui ne plient pas. Il croit trouver des complices faciles chez des chefs d’entreprise (directeurs de salle de spectacle, cinémas, théâtres, musiques diverses, mais aussi restaurateurs et cafetiers, sociétés de transport) qui ne sont pas équipés pour faire des contrôles tatillons qui vont faire reculer leur chiffre d’affaires, déjà très affaibli par la gestion de la crise sanitaire. Pour avoir discuté avec des gérants de café, de restaurant, de cinéma, tous ou presque ont manifesté de la mauvaise humeur : « Ce n’est à nous de faire la police, de réclamer des cartes d’identité à nos clients », m’ont-ils dit.


dessin de Karak

On parle de sanctions terribles : jusqu’à licencier les récalcitrants dans les hôpitaux (alors qu’on manque cruellement de personnel), ne plus les payer (y a sans doute pas assez de pauvres et de SDF), taxer les entreprises qui ne feront pas ce contrôle de 45000 € d’amende (« Le fait, pour un exploitant d’un lieu ou établissement, le responsable d’un événement ou un exploitant de service de transport, de ne pas contrôler la détention par les personnes qui souhaitent y accéder (du pass sanitaire) est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende », stipulerait l’article 1er de la future loi scélérate), telles sont les menaces qui planent sur notre environnement de vie. Ils n’ont décidément pas peur de mettre en faillite toute une partie de l’économie...


dessin de Karak

Déjà le droit de manifester est largement malmené : les gilets jaunes éborgnés et qui se sont vus arracher une main en savent quelque chose. La stratégie du pouvoir est de nous avoir à l’usure : on devait se masquer (jolie mascarade), ne plus se toucher, se tenir écartés les uns des autres, passer son temps à mettre du gel sur nos mains, disons le net, il fallait se barricader chez soi ; maintenant on devra sortir notre pass sanitaire, nos papiers d’identité à tout bout de champ. On sera contrôlé comme jamais dans l’histoire on ne l’a été. Jamais, en France, des actions de la vie quotidienne comme faire ses courses, pousser la porte d’un café, monter dans un train ou acheter un ticket de métro, n’avaient été conditionnées par la détention d’un pass sanitaire.


dessin de Karak

Et tout ça, alors que même vaccinés, on devra toujours porter un masque dans nombre d’endroits, respecter toujours les distances sociales, on pourra toujours être infecté, incapable de faire face à des variants, et possiblement infecter les autres. Et aussi, ce que ne clament pas la télé et la presse aux ordres, le très officiel Observatoire européen des effets secondaires des médicaments signalerait que les effets secondaires des divers vaccins contre le covid 19 auraient causé la mort de 10000 personnes en Europe. Comprend-on la réticence de certains ? Pourquoi en faire des parias, menacés jusque dans leur existence, privés de sorties culturelles, de lieux de lien social, d’emploi même ??? Moi, oui, je me battrai à leurs côtés, sans être pour autant un antivax !

Et remercions Karak de ses dessins et de nous autoriser à illustrer notre modeste prose.