combien
d'évasions, ou même de tentatives, à Dachau ? La majorité
n'était que des pauvres gens. Pour la plupart, avant leur
arrestation, ils acceptaient l'esclavage d'une vie de misère et,
derrière les barbelés, ils finissaient par accepter
l'extermination.
(Jean-Marc
Rouillan, Je
hais les matins,
Agone, 2015)
Décidément,
l'Allemagne de Merkel n'a rien à envier à celle de Bismarck et,
d'une certaine façon, à celle de Hitler. Elle nous prouve, sur le
plan financier et économique, que Hitler a gagné la guerre, comme,
sur le plan militaire, les Américains, avec leurs sales guerres du
Vietnam, d'Afghanistan, d'Irak et de Libye, leur usage intensif de la
torture, nous ont largement prouvé que moralement, "Hitler
avait gagné la guerre".
J'avais
déjà usé de cette formulation dans mon blog du 9 mai 2011,
consacré au livre de Robert Antelme, L'espèce
humaine.
On va donc dire que je me répète !
En
fait, l'Allemagne de Merkel ne fait que suivre le Dieu actuel :
l'Argent-roi (appelé le Veau d'or dans le Faust de Gounod) et son mythe : l'économie de marché. Chasse aux
pauvres, aux insoumis, aux révoltés, à ceux qui votent mal !
Comme la plupart des médias (radio-télévision autant que presse
traditionnelle) sont totalement inféodés au mythe en question,
évidemment, ce n'est pas chez eux qu'on trouvera la moindre critique
des pressions, des petits complots, des gros « arrangements
entre amis » (avec commissions juteuses derrière les futures
privatisations demandées) qui se dissimulent derrière la
capitulation sans condition qu'exige l'Allemagne des Grecs.
La
guerre de la propagande (quels médias se sont prononcés pour le
« non » au référendum en Grèce ? Montrez-les moi !) indique
bien - si on en doutait encore - qu'on est dans une Europe aux ordres : aux ordres de qui ?
Des oligarques financiers qui, ne l'oublions pas, ont réussi à nous
faire croire qu'il n'y a pas d'autre choix (le "There
is no alternative"
de Margaret Thatcher étant devenu l'alpha et l'oméga de la nouvelle
religion) que ce qu'ils appellent l'austérité (rassurons-nous, pas pour eux, pour les pauvres, seulement) : c'est-à-dire
le démantèlement des services publics et du secteur social (seuls garants d'un minimum d'égalité), la
soumission de tous les alternatifs (très vite qualifiés de "terroristes"), l'absence de fraternité et de
solidarité sociales (chacun pour soi, étant leur devise). Rassurez-vous : eux, ils se tiennent les
coudes et sont solidaires ! D'ailleurs, la fuite des capitaux
hors de Grèce le montre sans ambages.
Oui,
le néo-libéralisme et son Dieu, le Veau d'or, est la nouvelle religion. Il a ses
grands-prêtres : les "soi-disant" économistes et prétendus "experts" qui pérorent à longueur de
temps sur les chaînes de télé sans la moindre contradiction,
secondés par les journalistes aux ordres et tous les valets de
l'ordre établi (polices, armées, banques, classes moyennes). Avec leur politique de
croissance infinie (en fait la leur, celle de leur Capital), ils nous
entraînent vers la catastrophe écologique (destruction quasi
certaine de la nature), mais ils s'en foutent, car eux s'en
tirent toujours : "Concentrer
l'effort social sur la croissance économique dissimule le but
réellement poursuivi : plus d'opulence pour quelques-uns, au
prix de la misère générale et de la destruction du patrimoine
naturel" (Gustavo Esteva Figueroa, La
Décroissance,
N° 101, juillet-août 2015).
Ils n'ont jamais rien perdu pendant la crise de 1929, par exemple, au contraire. Et ils laisseront la majorité crever, quitte à inventer une guerre si elle ne crève pas assez vite. Et ce ne sont pas les palinodies de la conférence sur le climat (COP 21) annoncée pour bientôt qui changeront quelque chose ! Mieux vaut rire de sa splendide distribution et de ses vedettes :
l'affiche du COP 21 (La décroissance, n° 101, juillet août 2015)
Je
regrette, je ne suis pas comme eux. Je n'ai jamais vénéré le Veau
d'or. Et plutôt que d'entendre la Thatcher allemande, je préfère
écouter Vandana
Shiva, cette formidable femme de l'Inde, que j'ai vue dans plusieurs
documentaires (Le
monde selon Monsanto,
Solutions
locales pour un désordre global),
et qui vient d'écrire dans
le Huffington
Post Italia
du
19/06/2015 :
"Être
humain, ce n'est pas vénérer le "dieu de l'argent",
les moyens technologiques ou le mythe du progrès, définis comme la
conquête de la nature et des hommes. Être humain, c'est être
profondément conscient de tous les êtres qui partagent avec nous
cette magnifique et précieuse maison"
(cette dernière étant notre planète).
Nous
sommes passés en un siècle de l'idolâtrie religieuse (qui persiste
pourtant encore ici et là, mais surtout en réaction à la
monstrueuse religion du "marché", n'est-ce pas, pape François ?) à l'idolâtrie de l'économisme et
de ses sous-produits : la consommation exponentielle, le spectacle et le sport, nouveaux opiums
dont les oligarques abreuvent le peuple ! Et ce dernier en redemande...
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