mardi 6 janvier 2026

6 janvier 2026 : mon équipée de Noël et du Nouvel an

 

Vous ne verrez jamais un oiseau ne pas s’éveiller à l’aube et s’octroyer une grasse matinée. 

(Amélie Nothomb, Psychopompe, Albin Michel, 2023)

 

                    Ne le prenez pas mal, mais j'ai toujours rêvé d'être un oiseau, et je m'éveille toujours à l'aube, même s'il m'arrive parfois de traîner ensuite un peu au lit, pour continuer ou terminer un livre. J'ai horreur des grasses matinées, je suis du matin, et pas du tout du soir : je n'ai que rarement mis les pieds en boîte de nuit. Bigre, j'ai toujours cru que la nuit était faite pour dormir, plutôt que de "danser" (gigoter conviendrait mieux !)...

                    J'ai donc, après le repas de Noël des Petits frères des Pauvres, du 24 décembre midi à Bordeaux, où j'étais à la fois serveur (une vingtaine de bénévoles comme moi accueillaient, plaçaient et servaient les plats aux personnes âgées que nous accompagnons pendant l'année, et qui étaient suffisamment valides pour y venir), convive, et un peu animateur (danse, chanson, discussions), continué ma route pour une nouvelle vadrouille.

                    Le 25, j'étais à Toulouse, logé chez ma sœur Marie-France, mangeant le midi chez ma belle-sœur Anne et le soir chez Marie-France. J'y ai donc vu une partie de ma famille, dont ma fille, son compagnon et ma petite-fille Sasha, également logés chez ma sœur, et une partie de ma belle-famille. C'était convivial et très agréable. Je me suis pas mal promené, seul pour aller à la poste acheter des timbres et des enveloppes pré-timbrées, ou en groupe : il faisait froid, mais beau.

Chez Marie-France

                    Étape suivante : Lamalou-les-Bains, chez mon autre sœur Monique. Le 27 décembre, le voyage a été assez rocambolesque, avec le train TER Toulouse-Narbonne annulé, j'ai dû prendre le suivant qui, évidemment, allait être bondé. Sur le quai, la cohue était indescriptible pour monter dans les voitures. Le haut-parleur annonçait des bus supplémentaires pour faire le même trajet. J'ai quand même réussi en jouant des coudes à me hisser dedans, mais sans pouvoir m'asseoir plus d'une heure entre Toulouse et Carcassonne. Nous étions au touche-touche avec nos sacs et valises ! Enfin, j'ai pu arriver à Bédarieux, toujours en train, puis à Lamalou, en bus.

                    Monique avait préparé une grande réunion de famille, avec mon autre sœur, Maryse, de Bordeaux, venue à Montpellier avec son mari voir leur fille Pauline, trentenaire établie dans cette ville. Et bien sûr, Monique avait invité sa propre fille, Milena, trentenaire également, vivant aussi près de Montpellier. Les deux trentenaires étaient accompagnées de leurs chéris, que je n'avais vus jusque là qu'épisodiquement. Nous étions donc neuf, en comptant le mari de Monique. Le repas fut très animé, surtout par les deux jeunes hommes, qui se sont montrés gros mangeurs, grands buveurs et bons blagueurs.

                    Dernière étape, Lyon, où depuis quelques années, je passe le réveillon du Nouvel an avec Jean (75 ans), mon compagnon du cargo de 2013, avec qui j'avais sympathisé. Manquait à l'appel Dame Fortune, comme l'appelle Jean, qui partageait mes agapes de Lyon ; Fortune (93 ans aujourd'hui), je l'avais connue lors de mon voyage à Tanger en 2012. Nous avions fraternisé sur le ferry d'Algésiras à Tanger et je l'avais surnommée "la vieille dame de Tanger". Je l'avais fait connaître à Jean. Elle n'était plus très valide depuis trois ans, mais je l'invitais en général au restaurant à midi le 30 décembre jusqu'à l'an dernier. Cette année, elle venait de tomber dix jours avant mon arrivée, et s'était cassé le col du fémur. Elle était donc à l'hôpital Édouard Herriot, où je suis allé la voir. Très affaiblie, elle battait la campagne, s'imaginant qu'on la ramènerait chez elle et qu'elle reprendrait sa vie ordinaire.

Lyon sans Guignol n'est plus Lyon !

                    J'ai donc dû me contenter de Jean pendant mes autres journées de Lyon. Bon cuisinier, il m'avait prévu de bons petits plats auxquels il touchait à peine, n'ayant plus très faim. J'y ai fait honneur, bien que n'étant pas moi-même très glouton : j'ai ouverte les huitres. Je suis sorti, plusieurs fois tout seul, pour prendre l'air et tâter le pouls de la métropole lyonnaise, le soleil était magnifique. Mais c'était la première fois qu'il faisait froid depuis que je passais ma fin d'année à Lyon. Des trois mousquetaires lyonnais, j'étais le plus alerte !

L'ouverture des huitres

                        Et je suis rentré en solo à Bordeaux par le car Flixbus qui traverse le Massif central par Clermont-Ferrand. Ce n'est pas dans l'intention de la SNCF de recréer une liaison ferroviaire entre nos deux villes, sauf à passer par Massy !!! Mais ces huit jours de balade m'ont fait un bien fou : j'étais hors du temps, je ne me suis pas du tout intéressé à l'information, je ne savais rien de ce qui se passait en France et dans le monde, et surtout je voyageais seul, ce qui m'a valu de faire de belles rencontres éphémères, tant dans le train que dans l'autocar. Il y avait longtemps que je n'avais eu des vacances aussi froides, un temps aussi sec, et j'étais pourtant plutôt exalté. Et puis, j'ai lu Sénèque, L'art d'apaiser  la colère. Bref, un beau voyage, méditatif aussi.

 

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