Le cyclo-lecteur

Le cyclo-lecteur
Photo Juan Camilo Martinez Otálvaro (2013)

vendredi 3 mai 2019

3 mai 2019 : le retour du cyclo-lecteur




Il ne se contentait pas d’être l’ami des hommes, il était aussi l’ami des bêtes : il était végétarien.
(Vladimir Soloviev, L’Antéchrist, Ad solem, 2005)


Il y a comme ça, des formules qui me plaisent, je les recopie dans mon propre dico des citations, au fur et à mesure que le les découvre en lisant. j’ai connu bien des végétariens, en règle générale, c’était des femmes et des hommes calmes, sereins, doux : "Heureux les doux, car ils hériteront la terre"(Mathieu, 5, 4). J’ai donc connu quelques hommes doux, je dois dire que ça change agréablement de tous ces paltoquets aussi virils (croient-ils) que bêtes, surtout quand ils sont en groupe. Et, s’il y a sans doute des femmes aussi revêches que ces hommes-là (exemple type : Margaret Thatcher), j’ai pu apprécier, heureusement, la douceur de beaucoup d'entre elles…

Lors de mes voyages, entre autres, je rencontre des doux, et c’est souvent avec eux que j’engage la conversation et que, parfois, finit par se nouer une amitié : mon cher Panaït Istrati ne faisait pas autrement d’ailleurs, et les aventures erratiques d’Adrien Zograffi (ci-dessus dernière réédition chez Gallimard), son alter ego, sont émaillées de ces rencontres qui marquent pour toute une vie. Et je dois dire qu’il n’y a pas de hasard dans ces cas-là, car comme pour Montaigne et La Boétie, on se dit "parce que c’était lui (ou elle), parce que c’était moi", sans doute la meilleure présentation de l’amitié, qui aura été la grande affaire de ma vie, et m’aura entraîné jusqu’en Pologne, en Écosse, au Québec, en Guadeloupe, au Maroc et dans tant de lieux où elle rayonnait.

le vélo perché de l'Aveyron

C’est dans le TER entre Decazeville et Périgueux en juillet dernier, où j’avais pris place avec mon vélo en rentrant de l’Aveyron, que j’ai fait la connaissance de S. Il descendait à Périgueux et nous avions suffisamment sympathisé pour que je lui donne ma carte de visite et que j'enregistre son adresse avec promesse de lui envoyer mon récit de randonnée cycliste (Le Journal d’un lecteur, désormais épuisé ou plutôt les exemplaires restants ont été pilonnés, mais il s’en est quand même écoulé plus 1000, ce qui n’est pas mal pour un auteur débutant). Il reçut mon colis très vite et je n’avais plus entendu parler de lui jusqu’à mon séjour en Roumanie, où j’ai reçu un texto me disant « Je suis la maman de S. et j’aimerais vous contacter. » À mon retour ici, je demande à cette dame des explications complémentaires. Il se révèle que c'est la maman de voyageur, qu'elle a lu mon livre et me demande d’animer au mois d’octobre prochain une après-midi de lecture dans… l’Aveyron. Le cyclo-lecteur va donc reprendre du galon, ce qui me manquait un peu, je l’avoue. Je lui ai dit que je viendrai avec mon vélo (+ train)… Affaire à suivre…
Sacré vélo, tout de même


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