Le cyclo-lecteur

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Photo Juan Camilo Martinez Otálvaro (2013)

jeudi 21 juin 2018

21 juin 2018 : FAITES DU BRUIT, BORDEL


Tout doit aller de plus en plus vite. La moindre interruption pourrait nous donner l’occasion de penser ! Ce serait trop dangereux !
(Christiane Thébert, Perdre le nord, Théâtre du Sentier, 2016)


Premier jour de l’été. J’ai accompagné Huguette (bientôt 84 ans) avec d’autres habitants de la Tour Mozart au repas de fête organisé par la Résidence sénior toute proche Le Petit Trianon, dont le restaurant est ouvert à tous. Menu assez quelconque, mais ambiance chaleureuse, avec un jeune chanteur qui nous abreuva d’un pot-pourri de ritournelles des années 50 à 80, de Piaf à Christophe, en passant par Brel, Aznavour, Jo Dassin, Julien Clerc, Trénet, Béart, etc. accompagné par la musique enregistrée sur son ordinateur. Résultat : il était inutile de parler à table, on ne s’entendait pas. Et on a fêté la doyenne, une vieille dame de 104 ans, toujours valide physiquement et mentalement. Merveilleux ! Ce fut suivi d’une projection d’un petit film de 15 minutes où on voyait des résidents filmés avant et après maquillage ou rasage, pour montrer que la beauté n’a pas d’âge. Plutôt sympa... 

la résidence, nous mangions en plein air sous un Tivoli  rajouté sur les pelouses
 
Une fois rentré, j’ai fait la sieste avant d’aller en ville. On donnait à la télé le match France-Pérou et des écrans s’étalaient jusque sur les terrasses. Vite, je suis allé m'enfermer au cinéma tout proche (Utopia) pour voir Une prière avant l’aube, qui raconte l'histoire d’un jeune Anglais drogué et dealer prisonnier en Thaïlande, qui trouve la rédemption par la boxe thaï. Film très dur, notamment sur les conditions de survie dans les prisons thaïlandaises. À déconseiller aux âmes sensibles (d'ailleurs interdit aux moins de seize ans). Mais à ne pas ignorer, d’autant qu’il est tiré des mémoires du jeune homme en question, Billy Moore, un Anglais qui avait échoué par là-bas dans les années 90 : film franco-britannique tourné aux Philippines, c’est impressionnant.


Sorti de la salle, j’enfourche Rossinante (car je n’aurai mon Bucéphale que demain) et je tombe sur des rues encombrées par la Fête de la musique. Un monde fou, beaucoup de bruit, comme le signalait un quidam qui se promenait avec une pancarte que je n’ai pas pu photographier, faute d’avoir emporté mon appareil, mais qui disait ceci :


FAITES DE LA MUSIQUE
PUTAIN
PAS DU BRUIT
 
 
au risque de faire écharper par la foule en délire... Obligé de pousser le vélo à la main jusqu’au Grand-Théâtre, je me disais que nous étions au moins deux à penser ainsi, car c’était à qui (groupes sur les places ou dans la rue, bistrots et cafés) aurait les baffles les plus tonitruantes pour nous asperger de sons, disons par euphémisme assez peu mélodieux et qui auraient nécessité, si j’avais voulu rester par là, que je sorte mes bouchons auriculaires...

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