dimanche 18 janvier 2026

18 janvier 2026 : solitude

 

9 mai 1922 : Il me semble que ma solitude n’est ni plus grande ni plus profonde que celle d’autrui. Chacun de nous est solitaire et réduit à soi-même. Chacun de nous est une énigme.

(Khalil Gibran, Lettres d’amour, trad. Claude Came et Anne Durouet, Librairie de Médicis, 1996)

 

                    Je passe pour un grand solitaire. Pourtant je n"ai pas l'impression de l'être tant que ça, puisque je suis un être assez sociable, ayant placé l'amitié au centre de ma vie. J'ai gardé le contact avec mon ami d'enfance, Alain P., que je connais depuis 1966. Je me suis fait des amis de toute sorte pendant ma carrière professionnelle, ma participation à de nombreuses associations, dès 1970, associations où il m'est arrivé d'être simple membre, secrétaire, trésorier ou président, dans de nombreux domaines. Et le bénévolat entraîne parfois l'amitié.

                    Cependant, il est vrai aussi que je suis assez peu sociable pour des manifestations festives, du type repas de fête ou d'anniversaire, mariages, sport, et qu'il m'arrive de décliner des invitations ou de me cacher, voire de faire le mort pour ne pas y participer. C'est que j'apprécie peu le bruit, quel qu'il soit. J'ai été très rarement en boite de nuit, ou dans des groupes de fêtards, ça ne m'amuse pas. Je préfère la cohabitation avec des ami(e)s choisi(e)s, avec qui je preux passer des soirées ou des journées calmes. Je supporte même mal le bruit induit par les téléphones portables et les conversations oiseuses qui vont avec. Ne parlons pas des rues commerçantes où la musique s'ajoute au bruit de la cohue. 

                    Alors oui, j'aime une certaine forme de solitude, la solitude choisie. Je crois que la solitude subie peut être une torture pour beaucoup de personnes. Personnellement, je n'ai jamais souffert pendant mes périodes de solitude ; je me suis baladé, j'ai randonné, j'ai lu, j'ai écrit, j'ai médité. Et, quand je suis avec des ami(e)s, j'ai même souvent conscience de trop parler, voire de couper la parole comme certains présentateurs radio ou télé, par peur du vide sans doute. Et comme la solitude s'accouple au silence, qui est ce que je préfère dans la vie, tout me paraît pour le mieux. J'ai entendu dire que, dans les retraites dans des monastères (ce qui serait nouveau pour moi), les repas sont pris en silence. Pourquoi pas ? Quand on veut entendre le silence, le meilleur endroit est encore le cimetière, comme écrit le poète Daniel Birnbaum dans son recueil  Monde, j’aime ce monde (Décharge, 2015).

                     Bref, vive la solitude !


humour de Geluck

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