Le cyclo-lecteur

Le cyclo-lecteur
Photo Juan Camilo Martinez Otálvaro (2013)

vendredi 18 août 2017

18 août 2017 : vacance



L'insupportable, c'est le vieux qui se croit jeune.
(Per Olov Enquist, Hamsun, trad. Marc de Gouvenain et Lena Grumbach, Actes sud, 1996)


les anciens bains-douches de Brocas-les-Forges (Landes) reconvertis en logements

Ah! les vacances ! C’est le moment de se mettre en vacance, c’est-à-dire d’oublier les connexions diverses qui sont devenues la servitude volontaire de notre siècle : ordinateur en premier lieu (j’essaie de n’y aller qu’une fois par jour, et de ne pas dépasser une demi-heure – excepté les jours où j’écris des pages dans mon blog, qui me prennent une ou deux heures), radio (juste un peu le matin au petit déjeuner), télévision (en fait, je ne la regarde pas chez moi, mais il y eut le Tour de France, puis les Mondiaux d’athlétisme, que j’ai vus les jours que j’allais passer chez mon frère, plus quelques films lors de la semaine passée dans les Landes – j’ai fait une intoxication de publicité !), bref tous ces objets techniques qui sont censés nous relier au monde réel et qui, en fait, ne font que nous tendre vers un monde virtuel... Je me suis donc largement mis hors de cette "emprise numérique", qui a "colonisé nos vies", comme l’affirme Cédric Biagini dans son livre formidable, livre assez ardu mais très documenté, et qui m’a convaincu de ne jamais acheter un smartphone, exemple type du faux besoin, dont on nous a persuadés qu’il était indispensable... Passons...
formidable (mais faut aimer l'opéra, ce qui est mon cas)
Comme toujours en vacance, je lis beaucoup ! Étrange hasard, au lieu de passer deux heures par jour sur l’ordinateur, une heure et demi de plus a pu être affectée à la lecture, qui nécessite du temps ! Outre L’emprise numérique de Biagini, j’ai lu quelques essais remarquables (Le plus et le moins, d’Erri de Luca, Rire ou ne pas rire, de Virginia Woolf, Frère du précédent de J.-B. Pontalis), de formidables romans : Le chemin, de Miguel Delibes (un enfant de 11 ans va quitter son enfance campagnarde, à rapprocher de La guerre des boutons de Pergaud, et de L’enfant et la rivière de Bosco), Un amour de Mille-Ans, écrit directement en français par le Japonais Mizubayashi, formidable roman d’amour dans lequel Mozart et un chien jouent un rôle important, Le fils de Bakounine, du Sarde Atzeni (je lis toujours des romans du pays en prévision d’un futur voyage – celui de Sardaigne aura lieu fin septembre), Une histoire de l’humanité de l’Uruguayen Delgado Aparaun, un roman politique sur l’époque des Tupamaros, Hamsun, le récit-scénario du Suédois Enquist sur les années noires du grand écrivain norvégien devenu en fin de vie traître à sa patrie pour ses sympathies nazies, ou le magnifique recueil de nouvelles du Grec Karkavitsas, Dits de la proue, sur les marins hellènes, un régal. Sans oublier les poèmes de Paul Celan, La rose de personne, de Véronique Joyaux, Exister suffit, du Belge Sladden, Lignes de terre et d’Odile Caradec, Tout un monde fluide, son tout dernier recueil, qui coule de source, comme son beau titre l'indique.

J’ai vu aussi pas mal d’excellents films :
Le Caire confidentiel, polar égyptien.
Le grand méchant renard, superbe dessin animé français !
trois actrices formidables
Crash test Aglaé, film français et Out, film slovaque, deux films sur le thème des délocalisations.
Lola pater, de Nadir Moknèche, sur le thème du changement de sexe, avec une Fanny Ardant irradiante (bien qu’un peu trop âgée pour le rôle, à mon très humble avis).
Le grondement de la montagne, d’après Kawabata, premier film d’une série de reprises du grand cinéaste classique japonais Mikio Naruse.
Que Dios nos perdone, excellent polar espagnol.
Un vent de liberté, film iranien étonnant.

Djam, superbe film musical (et grec) de Tony Gatlif.

À part ça, je n’ai rien fait, sinon rendre visite régulièrement à mon frère et l’emmener une semaine avec moi dans les Landes, rendre visite toutes les deux semaines à mes vieux amis poitevins, et papoter avec les habitants du voisinage. Et j’ai eu une sinusite carabinée pour le 15 août (merci Marie, mère de Dieu et tout le toutim !!!).

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