jeudi 27 août 2026

27 août 2026 : stage d'écriture

 

Car comment savoir qui il était réellement ? Le savait-il seulement lui-même ?

(Nikos Kazantzaki, Le pauvre d'Assise, trad. Gisèle Prassinos et Pierre Fridas, Presses Pocket, 1991)

 

                        Je viens de passer trois belles journées  à Poitiers. Je m'étais inscrit à un atelier d'écriture de trois jours, animé par Catherine Baptiste, poétesse que je connais depuis une vingtaine d'années et avec qui j'avais fait des ateliers ponctuels quand j'habitais là-bas, et déjà une atelier de trois jours vers 2017. Pour moi ces stages de trois à cinq jours sont toujours des vacances précieuses où j'ai chaque fois eu l'impression que le temps n'est plus creux mais plein. Je me souviens encore très fort de mon stage de danse folk en 1977 à Gérardmer (Vosges), sur les Mille et une nuits à Sénanque (Vaucluse), fait avec Claire en 1981, de qi gong près de Vézelay (Yonne) en 2003 et 2004... Pour peu que les animateurs soient compétents, et le groupe agréable, ce sont des sessions fabuleuses, et ce fut encore le cas cette fois-ci.

                        Nous étions cinq : Laurence, Mireille (deux vieilles dames de santé fragile), Véronique (autre poétesse de Poitiers que je connaissais déjà) et deux hommes, Vincent (de son métier émondeur d'arbres, de loin le plus jeune du groupe, aux abords de la quarantaine) et moi. Chaque séance d'écriture (de 10 h à midi et de 14 à 16 h) comprenait un  petit quart d'heure de mise en route sous forme de méditation et d'une écriture brève sur sur ce moment à soi, puis le choix d'un thème personnel issu de cette réflexion et de l'écriture d'un texte sur ce thème (durée une heure), et après une pause de dix minutes, on faisait un cercle et on lisait (ou pas, ce n'était pas obligatoire, si on n'était pas satisfait de notre texte) ce qu'on avait pondu. Soit puisqu'il y a eu trois matinées et trois après-midis, six textes chacun produits pendant l'atelier.

                        Ce pouvait être des poèmes, plus ou moins longs, des petites proses, des collages de textes et d'images, des témoignages... Bref, une liberté totale, pas de contraintes ici ni de thème imposé. Et les résultats ont été succulents à écouter. Catherine parfois relisait à haute voix avec gourmandise un de nos textes. La bienveillance régnait : pas de jugement, même si on savait que nos productions n'étaient que le fruit d'un premier jet qu'on avait eu à peine le temps de relire...  J'ai énormément aimé les textes dits par chaque participant.e, leurs tons variés et leurs voix singulières. Et ça m'a bigrement envie de ne pas abandonner l'écriture.

                        Je vous livre ici une sorte de poème datant du troisième jour, je vais bien sûr le retoucher, mais après tout, un brouillon a aussi son charme :

 

   Dans l'heure qui vient

 

Dans l’heure qui vient

je vais entrer en songe dans la vie infinie

je vais pouvoir rêver de devenir un roc

je combattrai les démons qui me hantent

je libérerai les soleils de mes nuits

j’éclairerai le monde qui l’attend



Dans l’heure qui vient

mes rêves familiers deviendront des poèmes

et je piétinerai mes racines folâtres

couché sur le poitrail d’un cheval écumant

je redeviendrai l’enfant épouvanté

voyant que disparaît le paradis perdu



Dans l’heure qui vient

j’irai au fond de moi rechercher le divin

et croire enfin à l’espérance nue

de l’éternel amour longtemps inaperçu

je tenterai enfin de tutoyer Dieu

en poussant un cri final et malicieux



Dans l’heure qui vient

le Soleil et moi-même deviendront des égaux

je caniculerai et je m’éclipserai

la Lune me prendra dans ses bras enjôleurs

et je m’imploserai dans un feu d’artifice

rayonnant en étoile au sein de l’âge d’or



Dans l’heure qui vient

je rejoindrai mon humble chaumière

ma solitude n’aura plus de limites

mais je remonterai sur mon cheval d’acier

impérial, débonnaire et qui me laissera

m’écorcher sans souci sur les troncs sensuels



Dans l’heure qui vient

j’irai gommé le Temps et effacé ses traces

je sortirai grandi de ces belles journées

j’entrerai dans ma nuit verticale d’espoir

les fleurs de mes pensées sortiront guillerettes

je m’épanouirai en un homme inédit

 

Pour lire  les poétesses se l'atelier :

https://catherinebaptiste.fr/livres/ 


 

https://livresur.fr/auteurs/joyaux-veronique/ 


 



 

  

 

 

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