Cherche toujours tes réponses dans les grands livres. Fais-leur confiance. Et rappelle-toi qu’il n’y a qu’eux pour nous rappeler que nous ne vivons pas seuls dans ce monde et que nous sommes responsables des autres.
(Vincent Hein, Kwaï, Phébus, 2018)
Je rentre d'un séjour dans la Poitou, où j'ai d'abord revu des amis (F. à Poitiers, C. près d’Angoulême) puis une partie de ma belle-famille dans la Vienne, à Romagne. En juillet, j'avais passé trois jours dans les Landes et cinq jours dans l'Hérault, chez deux de mes sœurs. Le reste de l'été, je suis resté à Bordeaux, où j'ai continué à faire mes visites en EHPAD (et des lectures à haute vois aussi), à fréquenter ma sœur et mon neveu d'ici, et à voir mes amis(e) bordelais(e)s. J'ai aussi subi quelques examens médicaux qui vont encore continuer en septembre : "révision générale, comme pour les vieilles voitures", a dit mon toubib.
J'ai peu souffert de la chaleur, qui n'a pas dépassé 27° dans ma chambre, où j'ai pu dormir sans difficulté. Au cours de mes vadrouilles diverse, j'ai pu constater - était-ce l'effet de la chaleur ? - le peu de chants d'oiseaux lors de mes promenades pédestres, seul et en compagnie. Est-ce à mettre sur le compte de l'excès de pesticides et autres produits tueurs d'insectes ? J'étais pourtant souvent dans la campagne, forêt de pins pour les Landes, contreforts des Cévennes pour l'Hérault, campagnes de la Vienne et de la Charente.
Mais quand j'étais seul ici chez moi, je me suis engouffré au cinéma voir le programme d'été. J'ai ainsi vu, parmi d'autres films, Amélie et la métaphysique des tubes, joli film d'animation d'après un roman d'Amélie Nothomb ; le film féministe turc Confidente, qui m' a impressionné ; le magnifique film iranien Sept jours, sur une dissidente qui préfère retourner en prions que fuir à l'étranger ; plusieurs films palestiniens, documentaires et de fiction, car j'ai toujours la Palestine au cœur ; un étrange film népalais, Pooja, sir, sur la difficulté d'être femme-flic dans ce pays... Et bien d'autres films, tous plus intéressants les uns que les autres, venant de tous pays et continents. Car à défaut d'y voyager, voir des films fait connaître la diversité des cultures, des façons de vivre, des spiritualités, nous montre bien qu'il n'y a pas d'étrangers sur notre terre, selon le mot d'ordre de la Cimade, qui s'occupe en France, avec d'autres associations, des migrants.
Et, dans la solitude qui me restait, j'ai beaucoup lu, d'autant plus que je me sais menacé de DMLA et, à terme, de ne plus pouvoir lire, ce qui sera une catastrophe pour moi. Quels titres et auteurs ont été les plus marquants cet été ? On n'est jamais seul quand on lit ; les auteurs, vivants ou morts, sont nos amis indéfectibles.
* Stefan Zweig : Est-ce lui ?, deux nouvelles, l'une très courte et optimiste, que je lirai en EHPAD et la deuxième assez longue et cruelle. Mais toutes deux excellentes, comme tous les récits de l'Autrchien.
* Ahmet Altan : Les dés, un roman turc assez cruel aussi..
* Martin Suter : Melody, un roman d'amour manqué (l'amour, pas le roman). Un romancier suisse de langue allemande que j'apprécie beaucoup.
* Erri De Luca : Le contraire de un, une suite de courts récits philosophiques. Un de mes auteurs contemporains préférés.
* Gaza, y a-t-il une vie avant la mort ? : anthologie saisissante de poètes palestiniens, dont certains tué(e)s sous les bombardements récents. Écrire est aussi une forme de résistance.
* Victor Hugo : Ce que c'est que l'exil, magistrale réflexion d'un exilé volontaire qui a refusé toute compromission avec le tyran.
* Vincent Hein : Kwaï, essai troublant sur la mémoire, les voyages, la littérature, la guerre et la cruauté de l'homme, à partir du film de David Lean, Le pont de la rivière Kwaï, que son père a fait voir à l'enfant Vincent, du roman de Pierre Boulle, qu'il a lu ensuite, et d'un voyage sur le site. Inclassable, mais prenant.
Et bien sûr, je n'oublie pas aussi que j'aurai fait beaucoup de vélo cet été, en dépit de la chaleur. Et au cours de mas vagabondages, envoyé quelques cartes postales !
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