Le cyclo-lecteur

Le cyclo-lecteur
Photo Juan Camilo Martinez Otálvaro (2013)

vendredi 15 juillet 2016

15 juillet 2016 : L'olivier



Aimer, c’est reconnaître la valeur de ce qu’on ne pourra jamais connaître.
(Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, Gallimard, 2011)

Allez, enfonçons encore quelques clous pour me faire taper dessus !
Maladie d'Alzheimer : Alma, une jeune femme d’une vingtaine d’années, soutient son grand-père, atteint de cette maladie, et qui semble avoir tout oublié, sauf son olivier millénaire, qu'il a dû vendre, sous la pression de ses fils, à une société privée qui l’a déraciné pour l'exporter. Le grand-père s'affaiblissant de plus en plus, Alma décide de retrouver la trace de l'arbre pour éventuellement le racheter. Accompagnée de son oncle et de Rafa, son amoureux transi, elle se lance dans une course folle à bord d’un semi-remorque jusqu'à Düsseldorf, où le magnifique olivier, deux fois millénaire, est devenu le logo d'une de ces grandes compagnies mondialisées qui pillent allègrement le monde entier (déforestation en particulier), qui l'a installé dans le hall de l'immeuble superbe de la maison-mère. Leur odyssée suscite l'intérêt, l'enthousiasme, et le soutien des internautes et des associations écologistes qui viennent manifester devant le siège pour acclamer Alma et ses compagnons. Faut-il voir ici une opposition manichéenne entre la glaciale Europe du Nord, au libéralisme triomphant, et l’Europe du Sud, victime de ce même libéralisme ? On peut aussi bien y voir un conte utopiste et naïf. Et au fond jamais démonstratif. Humain, trop humain... La maladie et la mort sont à l'arrière-plan, mais n'empêchent pas les personnages de se démener pour regarder l'avenir – et planter un nouvel olivier.


C'est un film généreux sans doute, lumineux, aéré dans les paysages chauds des oliveraies espagnoles ou enfermé dans les constructions modernes et froides de la grande ville allemande. J'ai beaucoup aimé. Et tant pis s'il y est question de maladie, de vieillesse et de mort !

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