dimanche 27 septembre 2026

27 septembre 2026 : sur trois films français

Vous ne ver et rez jamais un oiseau ne pas s’éveiller à l’aube et s’octroyer une grasse matinée..

(Amélie Nothomb, Psychopompe, Albin Michel, 2023)

 

                    Le cinéma français actuel ne manque pas de qualités, seulement de spectateurs ! Les jeunes le fréquentent peu. Dommage ! Quand ils auront marre des blockbusters américains, des films d'horreur à deux sous et des comédies potaches, ils redécouvriront que nous avons encore un cinéma qui tient la route et qui ne manque pas d'intérêt. Ainsi, ces derniers temps, j'ai pu voir avec le plus grand plaisir L'inconnue, Notre salut, La frappe, Jim Queen (film d'animation), De la Comédie française, Les survivants du Che  (documentaire),  entre autres films de cet été. Puis là, coup sur coup j'ai vu trois autres films qui m'ont enchanté.

                     Les roches rouges, malgré un financement de l'Espagne, l’Italie et le Portugal, est un film bien français de Bruno Dumont, dont plusieurs films m'avaient fasciné dans les années 90 et 2000, notamment L'humanité, un chef-d’œuvre, en 1999. Ce film nouveau a pour héros des enfants petits, entre 4 (c'est le cas de Géo, le héros à la bouille hilarante) et 10 ans, deux groupes qui font un peu les quatre cents coups pendant un été ensoleillé et se livrent à des jeux dangereux : faire du quad, sauter du haut des roches rouges dans la Méditerranée, etc. Les adultes sont peu présents, les gamins en profitent et découvrent l'amitié et même plus, mais aussi la jalousie. Peu de dialogues, comme chez Tati, c'est un film de grognements. Il ne se passe rien ou presque, des vues panoramiques sur les paysages méditerranéens, l'observation des enfants, leurs disputes, leurs bagarres et leurs émois. On découvre l'émerveillement des enfants devant la nature sauvage et la liberté tout à fait sauvage. Bien sûr, le film aura peu de succès, mais il m'a enchanté.

                       Histoires de la nuit est un thriller d'atmosphère tiré d'un roman de Laurent Mauvignier paru aux Éditions de Minuit. Le film qui se passe au fin fond de la campagne nous conte l'histoire d'une irruoption de nuit par trois hommes patibulaires dans une famille française de trois personnes (père, mère, fille) le soir même de l'anniversaire de la mère, Nora. La famille va être prise en otage une bonne partie de la nuit. Des secrets enfouis vont être révélés par le chef des intrus. L'atmosphère est oppressante. La cinéaste joue avec les nerfs des spectateurs. C'est très bien fait. Benoit Magimel joue le rôle du méchant avec brio et Hafsia Herzi dans le rôle de Nora lui tient tête avec subtilité. J'ai été souvent en apnée.  Un très beau thriller, âmes sensibles, s'abstenir !

                   Adèle Exarchopoulos est Garance, une comédienne qui se veut bonne comédienne, mais a une petite faiblesse : elle boit de façon régulière et ne peut plus se passer de ses nombreux verres de vin quotidiens. Elle va de casting en casting, de boite de nuit en boite de nuit, où elle fait la fête jusqu'à l'étourdissement, pour oublier ses angoisses de ne pas vraiment réussir. L'alcool devient incontrôlable et elle est de plus en plus boudée par ses amis de cœur (la troupe de théâtre), son metteur en scène et son agent.  Peu à peu, de peur de sombrer, elle finit par consulter des médecins qui la convainquent d'un nécessaire sevrage. Sa mère vieillissante, son amoureuse aussi (Sarah Giraudeau) l'y poussent également. La deuxième partie du film (le sevrage) est passionnante. Elle rend compte sans effets pathétiques, sans jugement, la lutte qui va permettre à Garance de s'en sortir. Un très beau film, pour moi en tout cas : j'ai été confronté à plusieurs reprises dans ma vie à des ami(e)s alcooliques et à la difficulté de revenir à la vie sobre.
 

 

                     

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