Ainsi l’amour s’en va rongé par la douleur
(Grisélidis Réal, Chair vive : poésies complètes, Seghers, 2022)
Me voici revenu de ma vadrouille dans le sud-est fin février : Lamalou-les-Bains, où j'ai vu ma sœur Monique, son mari, et ses animaux domestiques, puis Pézenas, où Monique m'a accompagné pendant deux jours au Festival de cinéma consacré cette année à la Grèce. J'avais loué un très beau gîte dans le centre ancien. J'ai continué seul le festival pendant deux jours, puis j'ai passé une journée à Montpellier avant de filer vers Lyon pour voir mon ami Jean. Puis retour à Bordeaux, le tout en train. Tout s'est bien passé, j'ai bénéficié d'un beau temps remarquable après un mois et demi très pluvieux, qui m'a rappelé les trois hivers bordelais de ma jeunesse étudiante ; j'en avais conclu et dit à mes parents : "je ne travaillerai jamais à Bordeaux, il pleut tout le temps !" Et j'ai, ma foi, tenu parole.
la jolie fenêtre d'une chambre du gîte vue du petit balcon
Le blog est resté en jachère depuis. J'étais très pris par mes activités de bénévolat et associatives, et aussi par les élections municipales ; inscrit sur une liste d'extrême gauche (aucune chance d'être élu, rassurez-vous tout de suite), ça m'a permis de faire campagne, réunions publiques tout les vendredis soirs, tractage de flyers dans les boites aux lettres du quartier. C'était nouveau pour moi et assez sympa ! Et aujourd'hui, je suis allé à la manif contre le racisme où j’ai retrouvé copains et copines de mon groupe de vote associés à la Cimade, à la Ligue des droits de l'homme, à Amnesty international, à d'autres associations, au NPA, à la CGT, à des féministes, enfin que du beau monde. Et du beau temps !!!
Comme poème du mois, je vous propose ce sonnet de Verlaine...
Nevermore
Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.
Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :
« Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d’or vivant,
Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.
– Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !
Et qu’il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !
